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Asus D1 : Que faire d'un portable sans batterie ?

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Écrit par Pascal Thevenier   
Mercredi, 05 Mars 2003 10:24
Le marché des portables est en pleine expansion mais n'est pas pour autant défini. Avant le grand boum, les catégories étaient bien segmentées : ultra-portables, portables, portables modulaires et desktop remplacements. Depuis le Cebit dernier, une nouvelle génération de portables plus connue sous le nom de desknote a vu le jour. Ces appareils usurpent un peu le terme de portable vu qu'ils ne disposent pas de batterie… Toutefois, ces transportables suscitent un certain intérêt. En effet, des lecteurs nous ont déjà contacté à ce sujet. Aujourd'hui, après ECS, Asus se lance dans les desknotes avec le D1. Quid ?


Un drôle de monde mobile

Lors de notre visite au Cebit 2002, nous avions été surpris par les portables d'ECS. Ces derniers ne disposaient pas de batterie ! Le constructeur nous avait expliqué que beaucoup de gens avaient plus besoin d'une machine transportable que d'un réel portable capable de travailler sur batterie. Selon ECS, la demande existe bel et bien notamment dans les entreprises qui préfèrent utiliser des machines de ce type pour leur encombrement réduit mais aussi pour leur design. L'argument financier n'est pas oublié. La batterie est un élément coûteux qui atteint facilement 200€ ! Etudes à l'appui, ESC semble sûr de son coup…


Du pour et du contre…

Notre forum sur les portables est une source importante de feedback. Force est de constater que de nombreux utilisateurs se servent de leur portable sur secteur plus de 90% du temps. Que ce soit à la maison, au kot, au travail ou même dans les trains (de plus en plus souvent équipés de prises électriques), l'absence de batterie semble avoir un certains sens… D'un autre côté, les transportables sont des machines très équivoques. Les constructeurs font souvent miroiter des performances de premier plan. Ils mettent en avant la puissance du processeur central et l'emploi d'un FSB de 133MHz mais passent à la trappe le chipset à mémoire partagée qui sabote les performances générales. L'enjeu semble toutefois suffisamment intéressant pour que des gens comme Asus se penchent sur ce marché. Le D1 est ainsi le produit Asus destiné à lutter contre les i-Buddie d'ECS.


Forcément moins cher ?

Nous avons reçu un Asus D1 pour évaluer l'intérêt et les performances de ce type de machine mais également pour connaître votre avis au travers des commentaires. L'argument principal des Asus D1 semble être le prix. A l'heure où nous rédigeons ces lignes, ce dernier n'a pas encore été fixé de manière définitive. La fourchette va de 1000€ à 1200€. Un prix qui nous semble très élevé dans la mesure où il existe des portables de bonne facture équipés d'une batterie dans cette gamme de prix. Le Toshiba Satellite 1410-704 en est la preuve vivante : A peine plus de 1000€ pour un Celeron 1,5GHz, un disque dur de 20go, 256Mo et une GeForce4 Go 420…


L'Asus D1 à la loupe !

La machine semble être un exemplaire de pré-série : Seul le Logo Asus est présent au dos de l'écran. L'emplacement pour le nom de la machine était toujours vacant. L'installation du D1 nous confirme directement sa vocation ! Le portable est très lourd avec plus de 3,3Kg et son transformateur est non seulement le plus gros que nous ayons rencontré mais également le plus pesant avec 850gr. Pour déplacer le D1, il faudra donc se coltiner plus de 4,2Kg ce qui condamne rapidement tout déplacement futile… Nous avons rapidement entrepris le démontage des panneaux arrières afin de découvrir les raisons de cette surcharge pondérale. L'explication est simple : L'Asus D1 fait appel à un châssis "métallique". Toutes les trappes sont constituées d'un élément en plastique renforcé par une plaque de métal comme celle d'un ordinateur de bureau ! A ce titre Asus n'usurpe pas le slogan "Redefine Desktop Computing"… La carte mère du portable fait d'ailleurs appel à des connecteurs de grande taille et non à des versions miniatures comme dans les vrais portables. Le démontage des différentes trappes d'accès se confirme : Slot mémoire Dimm classique et non SoDimm, capacité de grande taille, système de refroidissement imposant, etc.


Une bonne connectique ?

Le point fort de ce D1 provient de ses nombreux ports : 4 USB 2.0, 2 FireWire, 1 connecteur parallèle et pour terminer 1 sortie son optique complète les classiques line-in, line-ou et micro. Il dispose en outre d'un port PCcard et d'une interface pour les extensions SD, MMC et MS. Les ports RJ11 et RJ45 sont présents comme sur tous les portables actuels. La prise d'alimentation de forte section utilise un connecteur qui ressemble étrangement à une sortie TV S-VHS. Cette dernière brille par son absence. La présence des sorties son optique et TV aurait été intéressante pour visionner des DVD-Vidéo sur grand écran en utilisant un ampli externe…


Mise sous tension

L'Asus D1 démarre et une fois de plus l'analogie avec un desktop est frappante… L'écran de BOOT est identique à celui de toutes les cartes mères traditionnelles avec le logo Energy Star. Le BIOS offre d'ailleurs des fonctions d'overclocking intéressantes mais hélas aucune fonction d'underclocking (pour limiter la chaleur dissipée). Le monitoring est assez complet… Le chargement de Windows XP est assez rapide grâce à un disque IBM TravelStar de 40Go reconnu pour sa vélocité et à 512Mo de DDR. L'écran de 15 pouces travaille en 1024x768 et offre une image de très bonne qualité. Asus a placé des touches de raccourcis qui permettent de piloter le graveur comme un lecteur CD-Audio autonome. Elles fonctionnent même lorsque le portable est éteint. Quelques boutons de raccourcis placés au dessus du clavier permettent d'accéder rapidement à des programmes. Le clavier ne souffre d'aucune critique spéciale pas plus que le système de pointage de type Touchpad. Asus livre une souris USB "à boule" pour compléter le système de pointage.


Technologie

L'Asus D1 est bâti sur une carte mère "façon desktop" architecturée autour du jeu de composants Sis M650. Ce chip supporte les processeurs à bus 100MHz et comme le signale la documentation de Sis ceux à FSB 133MHz via overclocking. Il est d'ailleurs dommage de ne pouvoir abaisser la fréquence du Pentium 4 2,4B GHz monté dans le D1 à 1,8GHz (FSB 100MHz) pour réduire la chaleur dissipée et éviter le bruit de son système de refroidissement. Le M650 supporte par contre la DDR333. Le M650 embarque un contrôleur graphique qualifié généreusement de 2D/3D par Sis. En pratique, il s'agit d'un circuit de type DirectX 6 et son pilote n'offre aucune possibilité de réglage. Sis ne communique d'ailleurs aucune information sérieuse sur la partie graphique : Fréquence, fonctions supportées, etc. Le composant standard Sis 962 prend en charge les I/O. Dans le D1, il pilote les 4 ports USB 2.0 et les deux connecteurs FireWire 4 pins. Ses parties sonore et réseau sont également exploitées. Le Sis 962 peut gérer des disques dur ATA 133 mais ceux des portables restent limités à l'ATA100, largement suffisant pour leurs taux de transferts. Le disque dur IBM TravelStar de 40Go fait partie des grands classiques. Il s'agit d'un disque ATA100 tournant à 4200rpm équipé de 2Mo de cache. Il équipe la majorité des portables actuels certainement grâce à son rapport prix/performances intéressant.


Les performances

Placer des Pentium 4 classique dans les portables fait monter les indices de puissance processeur. Ainsi, les scores atteints au CPU Mark 99 ou encore dans Sandra 2002 sont impressionnants. Toutefois, les taux de transferts mémoire restent bien modestes. Le Sis M650 ne fait pas plus de miracles que les IGP d'ATI ! Les transferts mémoire sont ainsi inférieurs de 16% à ceux offerts par les chipsets à mémoire graphique dédiée.
Le disque dur IBM se trouve dans la moyenne. Il faut avouer que les contrôleurs de disques durs pour portables (ici un Sis 962) n'ont aucune difficulté à manipuler les 5 à 6Mo/s débités par les HDD de 2 ½ pouces. Le combo est de bonne facture et ses performances sont dans l'air du temps, que ce soit en matière de taux de transfert ou de temps d'accès. Le graveur lit les DVD en mode 8x et se comporte comme un graveur 8/4/24.
Les performances globales sont de très bon niveau essentiellement à cause des 512Mo de mémoire qui dopent l'indice Content Creation… A noter que le test CC2001 fait chauffer la machine de manière importante, ce qui déclenche la ventilation.
Avec les jeux, la ventilation s'accélère et les performances chutent. En effet, Sis est tout sauf un composant 3D. Les performances ne collent pas du tout avec ce qu'on est en droit d'attendre d'un desktop remplacement. Le circuit ne dispose même pas d'un moteur T&L. Le niveau est donc largement en-dessous de celui des IGP d'ATI présents dans les Compaq Presario 920 et 1525.


Autres considérations…

Le D1 est l'appareil le plus bruyant que nous ayons testé ! Quand le système de refroidissement se met en action, il casse les oreilles. Le bruit est tel que pour la première fois nous avons déplacé la machine de test dans une autre pièce… De plus, la chaleur dissipée est assez mal gérée. La machine devient beaucoup trop chaude pour être manipulée ou tenue sur les genoux. L'Asus D1 peut éventuellement devenir nomade. Asus propose un pack de batteries externe composé de 12 cellules pour une capacité de 97Wh ! Autant le dire, le poids de ce pack doit dépasser les 2kg sans le moindre problème. Au niveau de la taille, le D1 concourt dans la catégorie desktop remplacement : 330 x 280 x 40~48mm en fonction du modèle (écran 14 ou 15 pouces). Son transformateur géant est une fois de plus un facteur limitatif à une éventuelle ébauche de mobilité. Mais étant donné qu'il s'agit d'un transportable, nous n'en tiendrons pas vraiment compte… La partie sonore n'a rien d'exceptionnel si ce n'est pas présence d'une sortie optique capable de sortir du son sur 6 canaux. Les enceintes, placées dans la face avant, sont dans la moyenne sans plus.


Conclusion

A quoi peut bien servir le paradoxal Asus D1 ? Le circuit 3D ne lui permet pas de concurrencer un portable et même les applications bureautiques finissent par déclencher la ventilation très bruyante. Il semble donc difficile de lui trouver un terrain de prédilection ! Lourd, bruyant et sans sortie TV, le D1 ne peut pas vraiment remplacer un desktop ni même un portable. En termes de prix, même proposé à moins de 1100€, le D1 se heurterait à la concurrence des barbones autrement plus véloces. De plus, il existe de véritables portables proposés pour à peine plus de 1000€ bien plus polyvalents tout en restant silencieux... Le D1 ne semble pas vraiment adapté à notre marché !

Asus D1 : 5/10
Pour :
Souris livrée, bon écran, sortie optique, 4 USB 2.0 et 2 FireWire
Contre : Bruit, performances 3D, chaleur, pas de sortie TV, poids & encombrement, prix…
Mise à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 20:23