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NZXT Whisper, un nom mérité ?

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Écrit par Pascal Thevenier   
Mardi, 09 Septembre 2008 16:44
NZXT est généralement connu pour ses boîtiers au look « transformers ». Certains aiment, d’autres détestent ! Quand l’importateur allemand nous a contactés pour tester un boîtier NZXT, notre réponse a été assez directe : si c’est pour un boîtier premier prix avec un look tapageur, non merci… Heureusement, c’était pour nous proposer de tester le Whisper, une tour moyenne noire franchement sobre qui cible les utilisateurs soucieux du bruit ou plus précisément en quête de silence de fonctionnement. Avec ce boîtier, NZXT compte s’attaquer aux marchés plus « haut de gamme » où d’autres constructeurs comme Antec, CoolerMaster et Gigabyte sont déjà bien implantés. Avec des parois moussées, un système antivibratoire pour 9 disques dur, un design « furtif » et un prix assez agressif de 129 €, le Whipser a de bonnes cartes en main…

Oh, qu’il est joli !

Le précédent boîtier NZXT entré dans notre laboratoire provenait directement d’AMD et contenait le Phenom. En son temps, il avait été gratifié d’un peu glorieux « Qu’il est moche » par la maîtresse des lieux. Le Whisper est vraiment l’antithèse du Xblade. La grande porte en plastique ajourée dispose de charnières à axes métalliques de grand diamètre. Elle est rehaussée par une plaque en métal triangulaire qui fait immanquablement penser à un bombardier furtif B2. Enfin, si on connaît un peu l’aviation…

Après un rapide coup d’œil sur l’extérieur, la première impression est très positive. La façade est parfaitement alignée sur le boîtier et les panneaux latéraux n’ont aucun jeu. Le Whisper repose sur quatre pieds moulés dans un caoutchouc avec une certaine élasticité afin d’éviter la transmission des vibrations. A l’arrière, c’est un peu moins sympathique. La découpe pour la backplate, sans vraiment être coupante, n’est pas très bien finie. Les plaquettes qui obturent les slots d’extension sont un peu « cheap » mais c’est malheureusement de plus en plus souvent le cas.





Monter une configuration…

Le meilleur moyen d’évaluer la conception d’un boîtier est d’installer une configuration. Nous avons donc repris les composants de notre machine de test habituelle pour les installer dans le Whisper…


Le panneau latéral droit s’ouvre avec deux vis à main et donne accès aux deux étages du boîtier. Après avoir fixé les entretoises, il suffit de monter la carte mère. Oui mais malgré la taille du boîtier, il faut incliner fortement la carte mère pour la faire entrer. Ce n’est pas des plus simples avec un NH-U12 déjà monté. Soit… La fixation de la carte graphique ne pose aucun problème.


Comme le veut la « mode » actuelle, l’alimentation prend place dans le bas du boîtier avec le ventilateur dirigé vers le haut ! Pire, deux ventilateurs de 80 mm en extraction empêcheront le ventilateur de l’alimentation de faire son office dans de bonnes conditions. Il est heureusement possible de monter l’alimentation dans le sens « normal » mais aucune entrée d’air n’a été prévue en dessous…Bref, il vaut mieux ne pas utiliser une alimentation avec un 120 mm mais un bloc classique avec un 80 mm devant et un autre derrière. Mais peu importe le bloc, les prises des deux ventilateurs de 80 mm rendent le montage de l’alimentation peu pratique. Si le joint antivibratoire en silicone à fixer entre l’alimentation et le châssis est une très bonne idée, il complique encore un peu le montage du bloc.

Les disques durs prennent place sur des berceaux via des œillets en caoutchouc trop souples. En effet, les vis tendent à passer au travers ou les écrasent trop fortement. Etant donné que les deux cages pour deux disques utilisent le même système de montage pour se fixer au châssis, l’ensemble manque quand même d’un minimum de rigidité. En outre, en serrant moyennement les vis, les disques touchent facilement le berceau placé juste au-dessus.


Les périphériques 5 ¼ se fixent sans vis. Le système est certes rapide mais il manque franchement de retenue et nos graveurs ne tenaient pas vraiment en place. Parmi les sept baies 5 ¼, une dispose d’un adaptateur 3 ½ pour fixer un lecteur de disquettes ou un réhobus non compatible avec le système sans vis. Une bonne idée… Une baie est équipée d’un système de fixation pour un périphérique 3 ½ pouces mais il y déjà assez de baies pour disques durs.


Il est maintenant temps de brancher l’ensemble. Vu les deux ouvertures dans le châssis qui supporte la carte mère, la première idée qui vient à l’esprit est de démonter le second panneau pour faire passer les câbles d’alimentation. Ce n’est pas possible !!! La cloison qui sépare le haut et le bas du boîtier vient contre le panneau. Voilà bien une grosse erreur de conception… Il faut donc faire passer tous les câbles par un seul orifice. Malgré la bonne longueur des câbles de notre Corsair TX650, la prise ATX 8 broches arrive tout juste à son connecteur et réduit fortement une accessibilité à la carte mère déjà très moyenne. Les prises des ventilateurs combinent molex et adaptateur 3 broches. Elles sont pratiques mais franchement encombrantes.


Action !

J’ai dit action ! Moteur !? Heu, ça tourne ? Ah, oui ! Très bonne nouvelle sur le plan sonore : le Whisper porte bien son nom. Avec un Noctua NH-U12 à 800 rpm, un adaptateur 7,5 volts pour le ventilateur de 120 mm illuminé de la façade et le 120 mm arrière régulé par la carte mère Asus P5Q3 Deluxe, le système est d’emblée très silencieux. Branchés en 12 volts, les deux 80 mm sont franchement discrets et presque inaudibles en 5 volts. Il n’est donc pas nécessaire de remplacer les ventilateurs d’origine même en étant assez exigeant au niveau du silence. Il faut noter que NZXT a eu la bonne idée de coller des plaques d’isolant acoustique sur les panneaux latéraux et sous le capot. C’est un procédé efficace que nous utilisons depuis de nombreuses années… Bref, au niveau nuisances sonores, le NZXT tient ses promesses.


A l’usage ?

Une fois la configuration montée, tout le monde ne passe pas son temps à modifier l’agencement interne. A l’usage, le Whisper est assez pratique. On apprécie le bouton de mise sous tension accessible sans avoir à ouvrir la porte. Seul le bouton reset nécessite son ouverture… et compte tenu de son usage limité, personne ne s’en plaindra. Toujours au chapitre des bonnes notes, on peut épingler les deux ports USB, l’interface eSATA ainsi qu’une entrée et une sortie audio télescopiques. L’ensemble est monté sur le dessus du boîtier et s’escamote facilement quand il n’est pas utilisé.


Avec notre configuration de test à base de Core 2 Exterme Q9650 et de Radeon HD 4870, le NZXT Whisper maintient de bonnes températures dans le système avec une faible vitesse de rotation des ventilateurs. Très pour ne pas dire trop souples, les supports pour disques durs absorbent les vibrations de n’importe quel disque dur. Mais c’est surtout au niveau de l’absorption du bruit que le boîtier nous a très agréablement surpris. En faisant chauffer la Radeon avec FurMark qui ne manque pas de mettre le ventilateur à son régime maximum, la configuration reste assez discrète. Le bruit désagréable du système de refroidissement de l’ATI est fortement « assourdi » par le Whisper. Avec une prise d’air en façade pour le compartiment carte mère et donc un apport d’air frais plus important, le bilan serait encore meilleur… Mais quoi qu’il en soit et quitte à nous répéter, ce NZXT Whisper est une excellente surprise sur le plan acoustique.


La porte manque un peu de rigidité mais on apprécie le soin apporté pour masquer les fils qui alimentent les leds bleues et le renfoncement qui facilite son ouverture.


Conclusion

Le NZXT Whisper souffle le chaud et le froid. La conception interne est à revoir ! Il faudrait impérativement permettre le passage des câbles derrière le panneau qui supporte la carte mère et améliorer un peu les œillets de fixation des disques durs. Rien que des vis à tête plus large suffiraient à conférer une meilleure rigidité sans nuire à l’absorption des vibrations. Mais c’est surtout le système sans vis des périphériques 5 ¼ qui doit être modifié car dans l’état actuel des choses, il est préférable de faire appel à des vis ! Dans la foulée, on aimerait aussi une prise d’air dans la base afin de pouvoir monter un bloc avec un 120 mm dans le bon sens. Enfin, les bonnes charnières mériteraient une porte plus solide…
Heureusement, à côté de ces points faibles qui touchent essentiellement le montage, le NZXT Whisper a de réels points forts. Même en étant exigeant sur le plan sonore, ce boîtier nous a donné toute satisfaction sans avoir à perdre du temps et de l’argent en isolant acoustique et en ventilateurs de remplacement. La mousse placée sur les panneaux et sous le capot est efficace et le Whisper contient très bien les bruits internes. La baie I/O téléscopique, le bouton de mise sous tension toujours accessible et le soin porté au passage des câbles dans la porte témoignent d’une certaine attention qu’on ne retrouve malheureusement pas dans la conception interne… Le Whisper est certainement un des meilleurs boîtiers de NZXT mais pour rivaliser avec la concurrence, il ne suffit pas d’avoir une « bonne tête » ou d’être très silencieux même si ce dernier point est un argument de taille. Compte tenu de certains défauts, le prix actuel de 129 € nous semble élevé pour faire face à la concurrence.

NZXT Whisper : 7/10
Pour :
Absorption du bruit et des vibrations, silence de fonctionnement, ventilateur sans marque mais silencieux, bouton de mise sous tension pratique, design sobre et sympathique, nombreuses baies, isolation en silicone de l’alimentation, prises molex et trois broches pratiques…
Contre :… mais encombrantes, accessibilité à la carte mère, passage des câbles, fixation des périphériques 5 ¼, manque de rigidité de la porte, finition parfois un peu sommaire, absence d’entrée d’air pour le compartiment carte mère, prix quand même élevé.

Note : NZXT signale que notre modèle (reçu fin juillet) est un exemplaire de pré série.