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Test du boîtier silencieux Cooler Master Silencio 550

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Écrit par Pascal Thevenier   
Mercredi, 16 Mai 2012 14:11
Lors du Cebit 2012, Cooler Master a célébré son 20ème anniversaire, ce qui en fait un des plus anciens constructeurs et acteurs du petit monde informatique. La firme s’est déjà illustrée avec des innovations comme l’ATCS, le premier boîtier en aluminium en 1999, le premier HSF à heatpipe en 2000 ou encore le premier watercooling autonome en 2004… Aujourd’hui, c’est un produit plus classique qui nous intéresse : le Silencio 550. Cette tour moyenne en acier est, comme son nom le laisse présager, conçue pour héberger des configurations dans lesquelles le silence prime. Objectif atteint ?

Le poids de l’acier…

Les boîtiers en aluminium sont généralement proposés à partir de 100 € avec pour principal avantage le poids. En contrepartie, le catalogue est assez maigre vu qu’à part Lian Li et Silverstone, les autres constructeurs s’en remettent à l’acier. L’acier est moins cher, ce qui permet de trouver des boîtiers de grande marque avec de nombreuses fonctionnalités pour un tarif 20% plus faible. Il est par contre nettement plus lourd ! Ainsi, un boîtier en acier est généralement presque 2x plus lourd que son homologue en aluminium. Contrairement à une idée reçue, un boîtier en acier n’évacue pas moins bien la chaleur qu’un modèle en aluminium. Avec 9 entretoises de fixation pour la carte mère, le contact avec le boîtier est des plus limités…


Silencio 550

Le Silencio 550 est livré dans une boîte en carton dans lequel il est maintenu par deux gros blocs de frigolite et protégé par un emballage en plastique. La porte à la finition « gloss » est protégée par un film plastique. Bref, rien de différent par rapport à n’importe quel autre boîtier… Ce qui « surprend » au déballage, surtout quand on est habitué à l’alu, c’est le poids ! Le Silencio 550 que nous testons aujourd’hui pèse 9,2 Kg et mesure 455 x 495 x 210 mm contre 4,64 Kg et 450 x 490 x 210 mm pour le Lian Li PC-8N en aluminium qui nous sert de référence.

Le design du Silencio 550 est très sobre et, selon nous (question de goût), très réussi. La façade noir « piano » est du plus bel effet mais attire autant les poussières que les traces de doigts. Dès les premières manipulations, le Silencio 550 inspire confiance avec une rigidité et une finition exemplaire. La façade et la porte en matière plastique ne présentent aucune bavure ou trace de moulage visible. Les arêtes sont bien droites et les zones planes sont bien plates, ce qui n’est pas toujours le cas avec les boîtiers « trop bon marché ».

Contrairement à l’aluminium qui est anodisé, l’acier est peint. La peinture utilisée par Cooler Master est assez épaisse et de bonne facture. Elle résiste bien même aux endroits où les panneaux « frottent » pour se fermer. Les panneaux sont d’ailleurs très rigides tout comme le reste du châssis, le constructeur n’ayant pas fait des économies de bout de chandelle sur l’épaisseur de l’acier. Au passage, ceci explique en partie le poids de cette tour. A l’intérieur, tout est peint en noir et aucune arête coupante n’est à déplorer.


Lutter contre le bruit…

Le Silencio 550 s’inscrit dans la ligne de boîtiers silencieux du constructeur. Cooler Master a ainsi placé sur les panneaux latéraux une couche d’isolant acoustique. Sur le panneau qui se place au dos de la carte mère, il s’agit d’une couche fine et plate afin de ne pas entraver le « cable management ». Sur celui placé en vis-à-vis des composants, Cooler Master utilise un isolant plus épais (similaire à celui vendu par les magasins de bricolage) avec un relief en pyramide. Le dos de la porte qui ferme via deux aimants est lui aussi recouvert d’une mousse isolante comparable à celle du panneau de droite.


Toujours pour limiter le bruit, les entrées d’air se trouvent de part et d’autre du boîtier dans la façade derrière l’isolant de la porte. Les pieds sont équipés d’un revêtement qui limite la transmission des vibrations. La fixation de l’alimentation a également été soignée avec deux supports en caoutchouc à coller au boîtier afin de réduire les vibrations. Curieusement, Cooler Master n’a retenu aucun système destiné à isoler les disques durs. Ceux-ci se montent via des glissières en plastique à clipser de part et d’autre avant de prendre place dans une cage directement fixée au châssis.


… et la poussière !

Le Silencio 550 n’est pas conçu que pour lutter contre le bruit, il est aussi prévu pour empêcher les poussières d’entrer. Cooler Master a ainsi monté des filtres facilement accessibles devant toutes les prises d’air. Sous le boîtier, un filtre démontable facilement (il suffit de le tirer par l’arrière) et une grille empêchent la poussière de pénétrer dans le bloc. A l’avant, l’air qui chemine déjà par les ouïes latérales ou le bas de la façade (quand la porte est fermée) est filtré par une grande grille simple à démonter. Elle filtre la poussière résiduelle que le ou les ventilateurs de façade pourraient aspirer à l’intérieur de la tour. A noter que quand la porte est ouverte, un plus grand flux d’air peut s’engouffrer dans le boîtier car le bas de la façade/filtre est ajouré. Etant donné que le Silencio 550 n’a pas d’emplacement pour des ventilateurs montés au dessus, il n’y a pas de grilles par où la poussière peut « tomber » dans le boîtier quand le système est arrêté.


Fonctionnalités


Le Silencio 550 embarque sur le dessus de la façade un lecteur de cartes SD, un port USB 2.0, un port USB 3.0 ainsi qu’une entrée et une sortie audio. Le lecteur de cartes, les I/O audio et le port USB 2.0 se connectent directement à la carte mère en interne. Le port USB 3.0 est par contre doté d’une prise femelle à brancher à l’arrière de la carte mère. Un passe câble est prévu mais ce mode de connexion bien que plus universel qu’un branchement interne via le connecteur 19 broches dénote un peu.


Dans les trois baies 5 ¼ en façade, une est occupée par un dock hot plug pour un disque dur 2 ½ pouces. Le dock est assez pratique vu qu’il suffit d’y « pousser » un disque dur mais quand la baie est vide, étant donné qu’elle n’est pas fermée sur le haut, elle constitue une grande entrée d’air sans filtre lorsque la porte est ouverte. Mais vu que le Silencio 550 est un boîtier orienté silence, elle sera généralement fermée, limitant l’impact de ce petit défaut. A noter que monter un graveur dans la baie supérieure résout également le problème.


Le Silencio 550 est équipé d’un système de « cable management » qui permet de masquer en grande partie les différents prises et nappes. Les points de passage sont suffisants, bien positionnés (du moins pour notre carte mère) et leur finition sans reproche. Il n’y a cependant pas de protection en caoutchouc. A l’arrière, trois passes-câbles caoutchoutés permettent de faire passer les tuyaux de watercooling et la prise USB 3.0. De nombreux points de fixation sont prévus au dos du panneau de fixation de la carte mère pour attacher les différents câbles. Des colliers de serrage noirs sont également fournis.


Accessibilité, montage et agencement interne

Le Silencio 550 est équipé de vis à main pour les panneaux et les braquets. Les unités 3 ½ pouces et 5 ¼ pouces bénéficient d’un montage rapide sans outil. Seule la carte mère et le berceau pour unités 2 ½ pouces demandent des vis. Le montage d’une configuration assez musclée dans ce boîtier n’a pas posé de problème et a été plutôt rapide. On apprécie la découpe située au niveau du processeur dans le panneau latéral qui permet de changer facilement de HSF sans avoir à démonter la carte mère.


Les différents fils pour les boutons et leds en façade sont noirs. Les connecteurs sont labélisés et heureusement marqués pour identifier les côtés positifs et négatifs quand c’est nécessaire. A noter au passage qu’il n’y a pas de « speaker » intégré au boîtier. Cooler Master en livre cependant un dans les accessoires…


Avec 7 baies 3 ½ pouces qui peuvent toutes recevoir le caddy pour deux unités 2 ½ pouces et 3 emplacement 5 ¼ (en retirant le dock SATA), le Silencio 550 offre un bel espace interne. Quatre des baies 5 ¼ se trouvent dans un rack amovible (moyennant le retrait de 4 vis). Dans ces conditions, les cartes graphiques longues n’ont plus aucun obstacle : 390 mm en conservant le ventilateur de façade.


Ventilation

D’origine, le Cooler Master Silencio 550 est livré avec deux ventilateurs de 120 mm : un en façade à mi-hauteur en aspiration et l’autre à l’arrière au plus haut en extraction. L’alimentation étant située dans le bas, elle ne contribue pas à la circulation de l’air dans le boîtier et tourne sur son propre circuit d’air indépendant.


Les ventilateurs livrés sont discrets mais le flux d’air qu’ils génèrent est assez faible. De plus, le flux de celui monté en façade est entravé par la cage à disques durs amovible. Pour amener de l’air frais à la carte graphique, il est donc conseillé de démonter cette cage, placer les disques durs dans le bas et monter un second ventilateur pour le refroidissement des unités de stockage.

Dans notre configuration basée sur un Core i7 3960X et une DX79SI avec un système de water cooling autonome RTS2011LC, une solution simple s’impose d’elle-même : placer le ventilateur arrière qui cède sa place au combiné radiateur/ventilateur à l’avant. Avec deux ventilateurs en aspiration et un en extraction, le boîtier est en légère surpression. La carte graphique reçoit de l’air frais via les deux 120 mm en admission et le 120 mm du RTS2011LC, plus rapide que les deux autres, expulse l’air réchauffé.

En situation de stress, CPU en charge sous Prime95 et GPU monopolisé par FurMark, le ventilateur du RTS2011LC est monté jusqu’à 2300 rpm ! Après examen, il s’avère que boîtier ouvert ou fermé, en l’absence de flux d’air sur les VRM, ils surchauffent (85°C) à cause du water cooling. Du coup, le ventilateur du RTS2011LC s’emballe… L’installation d’un ventilateur interne pour engendrer un mouvement d’air au niveau des VRM a corrigé le problème ! Une fois cette petite modification effectuée, le bilan sonore a radicalement changé. Le ventilateur du RTS2011LC ne dépasse plus 1400 rpm, le ventilateur interne se limite à 1000 rpm et les deux ventilateurs Cooler Master tournent à 350 rpm. Après une heure de test, le Core i7 3960X se stabilise à 76°C comme la Radeon HD 7870. Les VRM n’atteignent plus 70°C. Le niveau sonore n’est ainsi plus que de 37,5 dbA en charge au lieu de 40 dbA. Au repos et toujours à 50 cm, le niveau sonore est de 34 dbA, ce qui est tout à fait satisfaisant et comparable à d’autres configurations silencieuses que nous avons déjà montées.

Il est certainement possible d’optimiser le refroidissement du Silencio 550, notamment en remplaçant les ventilateurs d’origine par des modèles plus performants ou au moins en ne limitant pas leur vitesse de rotation via le BIOS de la carte mère. Le montage d’une configuration silencieuse nécessite toujours de nombreux essais et une configuration n’est pas l’autre. Un ensemble défini sera plus à l’aise dans un boîtier, moins dans un autre. En l’absence d’entrée d’air latérale et avec une alimentation qui ne participe pas au refroidissement, le Silencio 550 s’en sort très bien même avec une configuration musclée en burn. Le Silencio 550 n’est toutefois pas à conseiller pour un overclocking extrême…


Conclusion

Le Silencio 550 à plusieurs cordes à son arc, à commencer par le prix. A 80 €, il est réellement bon marché surtout vu sa qualité de fabrication et ses prestations. Testé avec une configuration musclée en burn (Core i7 3960X et Radeon HD 7870), il s’en sort franchement bien après quelques aménagements. Pour optimiser le flux d’air interne, il est vivement conseillé de monter deux ventilateurs en façade et démonter la cage à disques durs amovible. Dans ces conditions, le Silencio 550 perd par contre 4 emplacements 3 ½ pouces… Il faudra donc faire des compromis entre la puissance embarquée, les capacités de stockage et le niveau de refroidissement. Avec une configuration puissante, ce Cooler Master s’acquitte de sa tâche en silence mais il ne conviendra probablement pas à des overclocking élevés. Au niveau des points positifs, on apprécie le bilan acoustique, les filtres, le soin porté aux détails, le câble management, la qualité du plastique et de la peinture ainsi que la connectique (notamment le dock SATA et le lecteur SD) même si le report du port USB 3.0 fait un peu bricolage. Du côté des points faibles, on pourrait reprocher l’absence de système antivibratoire pour les disques durs mais le Silencio s’en sort bien avec un 7200 rpm. Au final, le Silencio 550 devrait ravir ceux qui cherchent un boîtier sobre, silencieux et performant pour une configuration de bon niveau sans viser les overclocking extrêmes.

Pour : Qualité de fabrication, design sobre, isolation acoustique, cable management, lecteur SD, dock SATA, port USB 3.0, filtres anti poussière
Dans la moyenne : Compromis à faire entre puissance, refroidissement et capacité d’accueil.
Contre : Pas de système antivibratoire pour les disques durs, report du port USB 3.0
Mise à jour le Mercredi, 16 Mai 2012 14:14