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Test du Core i7 980X Extrerme Edition

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Écrit par Pascal Thevenier   
Jeudi, 11 Mars 2010 17:50

Intel a lancé l’architecture Nehalem en septembre 2008 avec les Core i7 de la série 900 accompagnés du chipset X58. Cette plateforme haut de gamme n’a ensuite plus vraiment évolué et l’arrivée des Core i7 et i5 Lynnfield laissait présager un avenir relativement incertain au support LGA 1366… Lors de nos premiers tests, l’intérêt du triple contrôleur mémoire nous avait semblé assez modeste au regard des surcoûts engendrés dans la complexité de la carte mère. De plus, les Core i7 de la série 800 et le chipset P55 arrivés en septembre dernier offrent généralement des performances d’un niveau comparable pour un coût nettement inférieur. Malgré des avantages comme 36 lignes PCI-Express 2.0, le X58 allait-il tomber dans l’oubli ? Pas vraiment étant donné qu’Intel a choisi le support LGA 1366 pour lancer le Core i7 980X, le premier processeur à 6 cores gravés en 32 nm…



Core i7 980X « Gulftown »

Les processeurs basés sur l’architecture Nehalem ont évolué. Les premiers Core i7 900 « Bloomfield » sont gravés en 45 nm et embarquent un triple contrôleur mémoire. En démocratisant cette architecture, Intel a intégré le contrôleur PCI-Express dans les Core i7 et i5 « Lynnfield » toujours produits en 45 nm. Au début de cette année, Intel a introduit les Westmere avec Intel HD Graphic gravés en 32 nm. Ces processeurs sont cependant assez différents étant donné qu’Intel se contente de placer deux puces distinctes (un northbridge classique en 45 nm et le die) dans un même support. Un pas en avant mais aussi deux pas en arrière…


Les nouveaux Gulftown sont comparables aux Bloomfiled, on y retrouve ainsi un triple contrôleur mémoire intégré mais pas de contrôleur PCI-Express comme dans les Lynnfield. Il y a cependant des différences de taille ! Les Gulftown sont gravés en 32 nm au lieu de 45 nm, comptent non plus 4 mais 6 cores et le cache L3 est porté de 8 à 12 Mo. Grâce au nouveau procédé de gravure, les 1,17 milliards de transistors du Core i7 980X tiennent sur 248 mm². A titre de rappel, la surface du die des Core i7 45 nm est de 263 mm² pour 731 millions de transistors. Malgré l’augmentation significative du nombre de transistors, le TDP du Core i7 980X (actuellement le seul processeur en 32 nm) est toujours de 130 watts comme pour les Bloomfield…


Si l’architecture Nehalem a été conçue dans une optique modulaire, notamment pour moduler facilement le nombre de cores, Intel ne s’est pas contenté de graver plus fin. En effet, les Gulftown introduisent 6 nouvelles instructions SIMD AES-NI (Advanced Encryption Standard New Instructions) dédiées au cryptage.
Dans la foulée, le contrôleur mémoire subit quelques modifications et supporte à présent officiellement la mémoire DDR3-1600. La fréquence de la partie « uncore » du processeur ne doit maintenant plus être au moins 2x plus élevée que la fréquence de la mémoire mais seulement 1,5x.


L'intérêt du triple contrôleur reste discutable...



En pratique : HSF, overclocking, température, consommation et nuisances

Au repos, à 1600 MHz, le Core i7 980X est alimenté avec seulement 0,94 volt. Cette tension grimpe à 1,1 volts à 3,33 GHz. Toujours au repos, la consommation du système mesurée à la prise est de 170 watts et atteint 284 watts en charge avec Prime.


Côté overclocking, nous avions comme objectif d’atteindre au moins 4 GHz. Il n’a pas fallu beaucoup de manipulations pour y arriver… Notre exemplaire s’est même montré stable à 4,15 GHz sur un FSB 166 MHz avec une tension de 1,325 volts. La consommation au repos approche alors les 200 watts pour arriver à 330 watts sous Prime95.


Avec les processeurs Extreme Edition précédents, Intel nous a fourni un système de refroidissement issu d’un constructeur tiers. Cette fois, le géant de Santa Clara nous a fait parvenir le Core i7 980X avec un HSF maison. De type « tour » et assez compact, le DBX-B se compose de 4 heatpipes passant dans une base en cuivre à la finition miroir. Son ventilateur de 100 mm PWM offre une vitesse variable de 800 rpm à 1800 rpm. De plus, un interrupteur permet de choisir entre un mode silence et un mode performances. Intel annonce 25 dBA au repos et 35 dBA en charge. S’il est effectivement silencieux et suffisant pour gérer le Core i7 980X à 800 rpm, il devient rapidement audible pour ne pas dire gênant dès que la vitesse grimpe. En effet, un bruit de roulement très désagréable devient de plus en plus présent au fur et à mesure de l’augmentation de la vitesse de rotation… Dès lors, nous ne pouvons le qualifier de silencieux. Dommage ! Petit bémol également pour les vis de serrage qui ne sont pas facilement accessible une fois le HSF monté sur une carte mère. Enfin, la qualité globale du DBX-B est excellente.

Côté température, le Core i7 980X est assez impressionnant : 29°C au repos et seulement 64°C en charge en utilisant le DBX-B à 1000 rpm…


Configuration de test

Nous avons décidé de réaliser à présent tous nos tests sous Windows 7 64 bits. Du coup, nous ne disposons plus d’une grande base de mesures interne… Elle s’étoffera cependant au fil des tests. Pour mettre en évidence l’intérêt des six cores, nous avons réalisé une série de mesures avec le Core i7 980X à 2,93 GHz afin de le comparer au Core i7 870.

Matériel

  • Intel DP55KG, Asrock X58 Extreme
  • Core i7 980X, Core i7 980X @ 2,93 GHz et Core i7 870
  • Corsair XMS3-1600 Dominator @ 1333 MHz CL7 2 x 2 Go, Corsair XMS3-1600 Dominator @ 1333 MHz CL7 2 x 1 Go, Corsair XMS3-1600 Dominator @ 1333 MHz CL7 3 x 2 Go
  • Radeon HD 4850 512 Mo
  • Western Digital Caviar 640 Go
  • Dell 2407WFP
  • Noctua NU-U12P
  • Lian Li PC-8N

Logiciel

  • Windows 7 64 bits
  • CPU Mark
  • Fritz Chess Benchmark
  • MainConcept Reference 1.6
  • Cinebench R10 64 bits
  • 7z
  • PC Mark Vantage
  • HAWX
  • Crysis
  • Heaven


Performances

 

 

 

 


Sans surprise, dans les benchs qui n’exploitent pas plusieurs cores, la fréquence fait la loi et les écarts entre le Core i7 870 et le Core i7 980X à 2,93 GHz sont insignifiants. C’est le cas de CPU Mark et de Cinebench R10 en rendu sur un processeur. Lors des tests de la plateforme SkullTrail, nous avions déjà remarqué que des logiciels que nous utilisions comme DVD Shrink n’exploitent pas plus de 4 threads. Cette fois, c’est Fritz ChessBenchmark qui n’a reconnu que 4 cores et 8 threads alors que le Core i7 980X dispose de 6 cores et gère 12 threads.
Avec MainConcept Reference, Cinebench R10 et 7-Zip, la puissance est intégralement exploitée. Par rapport au Core i7 870, le Core i7 980X cadencé à 2,93 GHz se montre respectivement 27,6%, 37,8% et 43,9% plus véloce.

 

 


Côté jeu, les processeurs Dual Core sont à peine exploités et si quelques titres font légèrement mieux avec un Quad Core, ils ne sont pas légion… Les résolutions utilisées dans les jeux sont également un facteur qui limite bien souvent l’impact du processeur. Il n’est pas rare de jouer en 1920x1200 avec antialiasing et dans ces conditions, c’est la carte graphique qui impose le rythme. Les écarts liés à une modeste différence de fréquence ou encore le nombre de cores n’ont qu’un impact très limité. On notera ainsi que dans HAWX, le Core i7 870 affiche 2 images par seconde de plus que le Core i7 980X ramené à 2,93 GHz. Quand ce dernier opère à pleine vitesse, il prend alors la tête avec 2 fps de mieux. Mais au final, entre 108 et 112 fps en 1920x1200 avec antialiasing 4x, l’écart n’est que de 3,7%... Le constat est similaire dans Crysis. Le contrôleur PCI-Express 2.0 intégré ainsi que les latences légèrement plus faibles du double contrôleur mémoire des Lynnfield semble d’ailleurs leur donner un petit avantage dans les tests 3D. En outre, il ne faut pas oublier que la partie « uncore » des Gulftown opère à moindre fréquence…


Conclusion

Avec le Core i7 980X, Intel fait une véritable démonstration de la maîtrise de son architecture modulaire Nehalem et du processus de fabrication en 32 nm. La puissance de ce processeur est impressionnante avec les applications qui exploitent un grand nombre de cores comme Cinebench (renud 3D) et MainConcept Reference (compression vidéo). Par contre, dans les jeux et benchs 3D, la fréquence joue toujours un rôle plus important que le nombre de cores… Au niveau de la consommation et de la dissipation thermique, le bilan est aussi impressionnant : jamais la puissance n’avait été associée à une consommation si contenue. Quand on repense aux vieux Pentium 4… Le bât blesse cependant au niveau du prix. Avec un tarif qui flirte avec les 1000 €, le Core i7 980X n’est pas à la portée de toutes les bourses… Ce premier Gulftown redonne de l’intérêt à la plateforme LGA 1366 qui profite de 36 lignes PCI-Express PCI-Express 2.0 du X58 très utiles pour le CrossFire X et le SLI mais dont l’ICH10 commence à accuser le poids de l’âge. Il ne supporte pas le SATA 6 Gbps ni l’USB 3.0… Quand le Core i7 970 arrivera sur le marché probablement au troisième trimestre, le chipset fêtera ses 2 ans.

Mise à jour le Mardi, 05 Avril 2011 14:58