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Faut-il polir un radiateur ? |
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| Écrit par Pascal Thevenier |
| Dimanche, 23 Novembre 2003 00:38 |
Les systèmes de refroidissement des processeurs sont généralement produits en très grande série et très rapidement. Du coup, sur les modèles d'entrée et de milieu de gamme, l'état de la surface de la base reste assez brut. Il résulte du simple passage d'une fraise en ''bout'' ou en ''roulant''. Quelle que soit la technologie utilisée, il reste un état de surface grossier peu efficace pour le contact entre le chip et le radiateur. Inversement, les systèmes de refroidissement hauts de gamme comme le SLK-800 bénéficient d'un traitement plus abouti : leur surface de contact ressemble à un miroir… Peut-on gagner quelques degrés avec un meilleur contact ?
Etat des lieux Les radiateurs actuels sont composés d'une partie en aluminium et d'une partie en cuivre. Le profil en aluminium est souvent extrudé puis la cuvette pour l'insert de cuivre est fraisée. L'insert de cuivre est usiné depuis une grande plaque et sa surface est fraisée. L'ensemble aluminium-cuivre est assemblé par sertissage à chaud. ![]() ![]() De la pâte L'air est un bon isolant. A cause de la rugosité de la surface du radiateur, le contact entre le processeur et le radiateur est peu efficace. Dans chaque creux, l'air se comporte comme une zone isolante et le transfert de chaleur se fait uniquement sur les ''pics''. La pâte vient combler ces petits vides et grâce à sa bonne conduction thermique, elle optimise le contact. Voici un graphe issu de tests réalisés avec un HSF OCZ Domniator 2-CU monté sur un Athlon XP 3200+. Le contact entre le processeur et le radiateur est assuré par une fine couche de pâte Artic Silver III. Le graphe a été enregistré par Asus Probe durant plusieurs mesures avec le 3D Mark 2001 SE 330. Au repos, le processeur est à 32°C et sa température grimpe jusqu'à 51° avec une pointe à 52°C. Le matos Pour que le contact entre le processeur et le radiateur soit optimal, il suffit de donner un meilleur état de surface à la base du HSF. Le matériel nécessaire à l'opération n'est pas coûteux. Un kit de papier de verre pour le ponçage à l'eau suffit généralement. Nous avons acheté un ensemble à 1,6€ composé de 3 feuilles : P120 (gros grains), P240 (grains moyens) et P400 (grains fins). Le P1000, pour la finition, est assez difficile à trouver et nous avons du nous rabattre sur une feuille de P600 à 0,4€. Un morceau de verre (10 x 20 cm) est impératif pour disposer d'une surface bien plane (un cadre 13x19 à 1€). Le but est d'éviter de rendre la base concave ou convexe, ce qui annulerait tout le travail. Pour la finition, un chiffon très doux et du polish (pour automobile par exemple) sont nécessaires. Au rayon des options, un nettoyant pour cuivre peut toujours servir ainsi que de l'alcool à brûler pour le dégraissage final.Le ponçage La première chose à faire est de démonter le ventilateur et le système de fixation du radiateur pour ne conserver que le radiateur. Autant nettoyer la base de toutes traces de pâte ou du pad thermique. Attention, ces manipulations produisent un ''jus'' brunâtre résultant du mélange de l'eau avec le papier usé et les particules de cuivre et d'aluminium… Portez des gants !
Les opérations débutent avec un morceau de papier P120 placé sur la vitre mouillée (pour qu'ils collent ensemble). Il faut alors mouiller le papier puis commencer à poncer en cercles et en changeant souvent de sens. Le ponçage doit se faire jusqu'à ne plus sentir les stries de l'usinage. Avant de passer au P240, laver la vitre, le radiateur et vos mains ! La procédure de ponçage au P240 est identique à celle du P120. Poncez, jusqu'à ne plus voir que les marques de votre dernier mouvement. Procédez à un nouveau lavage avant de passer au P400. Cette fois, vous devriez commencer à vous voir dans la base en cuivre ! Poncez jusqu'à ne plus voir les ''rayures'' du P240… Encore un lavage !Le polissage Avec le P600 ou le P1000, le mode opératoire reste inchangé. Cette fois, le cuivre va réellement ''briller''. Pour compenser les papiers à grains très fins, il suffit de mettre une goutte de polish sur un papier plus gros. C'est ainsi que nous avons opéré avec notre P600 afin d'obtenir une surface plus lisse. L'avant dernière étape du polissage se fait avec le tissu mouillé tendu sur la vitre et du polish. En frottant toujours en cercles réguliers et en changeant de sens, l'effet miroir est au rendez-vous. Pour la finition, un dernier lavage à l'eau et un nettoyage de la base avec un produit pour le cuivre (Vitrolin par exemple) améliorent l'aspect. C'est franchement beau ! Voici deux photos du radiateur après un ''dégraissage'' final avec de l'alcool à brûler. Le test ! Nous avons remonté le ventilateur sur le radiateur et placé une infime pellicule de pâte sur l'Athlon XP étant donné que ce dernier n'a pas été traité. Contrairement au Pentium 4, le polissage d'un Athlon XP est réellement dangereux pour sa survie ! ![]() ![]() Le graphe montre les résultats du système dans les mêmes conditions. Au repos, le processeur est à 29°C. Il ne monte qu'à 47°C en charge (sauf un pic à 48°C). Le gain lié au polissage est de l'ordre de 3 à 4°C… Conclusion Pour moins de 3€ en papier de verre et avec un peu de patience, vous pouvez réduire la température de votre processeur de 3 à 4°C selon nos tests réalisés avec un OCZ Dominator 2-CU et un Athlon XP 3200+. Différents articles parlent d'un gain plus important (5 à 7°C) avec un Pentium 4 et un radiateur tous deux polis… A vous de voir si le jeu en vaut la chandelle |
| Mise à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 20:23 |