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Le Coolink GFXChilla vaut-il encore son prix ?

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Écrit par Pascal Thevenier   
Vendredi, 20 Février 2009 16:48
Après avoir goûté à un système silencieux, il devient très difficile de supporter un niveau sonore plus élevé. Aujourd’hui, force est de reconnaître que les dernières générations de cartes graphiques, exception faite du haut de gamme, offrent un très bon rapport performances/bruit. Mieux, les constructeurs proposent presque tous dans leur gamme des modèles à refroidissement passif. Personne ne s’en plaindra sauf les constructeurs de systèmes de refroidissement silencieux. En effet, Zalman n’a rien annoncé de nouveau depuis son VF1000 LED en 2007… Après plus d’un an de bons et loyaux services, beaucoup de GeForce 8800 GT et GTS partent à la retraite. Compte tenu de la dévaluation de ces cartes, il est souvent préférable de les « recycler » dans un petit PC que de les revendre. Le Coolink GFXChilla étant un des systèmes de refroidissement les moins chers, nous l’avons testé…


Un secteur en berne ?

Depuis que les constructeurs de cartes graphiques proposent presque tous des modèles à refroidissement passif dans leur catalogue, l’offre en système de refroidissement alternatif est en perte de vitesse. Dire qu’il ne se passe rien dans ce secteur serait un peu excessif mais entre des constructeurs inconnus et de pâles copies de produits concurrents, ce n’est pas folichon. Curieux ? Pas vraiment ! En 2008, la puissance 3D s’est vraiment démocratisée. En décembre 2007, les GeForce 8800 GTS 512 Mo, nous créditions d’un prix intéressant malgré les 300 € demandés. Depuis, la GeForce 8800 GTS est devenue une GeForce 9800 GTX puis une GeForce 9800 GTX « V2 » ou GTX+ (~150 €) et elle finira probablement sa carrière d’ici quelques mois sous l’appellation GeForce GTX 250… avec un prix public estimé à moins de 100 € !

Etant donné que la valse des appellations a quand même conduit à de petites augmentations de fréquences, il n’y a pas vraiment de quoi se plaindre. Surtout en comparant la situation à celle de 2007 où les GeForce 8800 GTX ont pour ainsi dire conservé leur prix plein une année entière. A noter qu’ATI n’est pas en reste avec sa Radeon HD 4850 vendue à un peu moins de 120 €. Une carte qui bénéficie d’un rapport prix/performances exceptionnel et qui, en plus, est assez discrète. Si une trentaine d’euros sont raisonnables pour faire taire une carte à 300 €, un tel investissement est difficilement justifiable pour des cartes aux alentours de 100 €… On comprend dès lors le manque de nouveautés dans les systèmes de refroidissement silencieux.


GeForce 8800 GT « OC »

Les GeForce 8800 GT ont pour ainsi dire toutes été commercialisées avec le design de référence, système de refroidissement compris. Zotac a cependant fait appel à un HSF maison pour sa GeForce 8800 GT 512 Mo AMP. Elle est cadencée à 700 MHz au niveau du GPU et sa DDR3 fonctionne à 1000 MHz contre respectivement 600 MHz et 900 MHz pour les modèles classiques. Il s’agit de la plus musclée de toutes les 8800 GT. Cependant, le design maison du système de refroidissement n’est pas plus silencieux que celui de référence. Malgré la présence de trois heatpipes, d’une base en cuivre et d’un ventilateur de 75 mm, la carte est bruyante en charge. Il faut dire qu’avec une consommation d’une centaine de watts, proche d’une 8800 GTS, il ne pourrait en être autrement avec un refroidisseur simple slot. Pour dissiper ce genre de puissance en silence, il faut un système double hauteur…



Coolink GFXChilla

Coolink collabore régulièrement avec Noctua et propose des produits comparables mais plus abordables. Le cas du GFXChilla est à part étant donné que Noctua ne commercialise pas de système de refroidissement pour carte graphique bien qu’un projet existe ou du moins a un jour existé… Pour le GFXChilla, Coolink a utilisé une recette connue : une base en cuivre, quatre heatpipes et un grand radiateur en aluminium. Avec 63 ailettes de 160 x 8 mm, il développe une surface de ~80 cm². C’est bien loin des 2500 cm² d’un simple NH-U9 par exemple ! Pourtant, un processeur graphique a autant si pas plus de puissance à dissiper qu’un processeur central…


La finition de la basse est assez moyenne. Les traces d’usinage sont visibles et sensibles au passage du doigt. Nous sommes donc très loin de la finition miroir d’un VF1000. Il faut par contre noter un détail intéressant : les pièces de fixation intermédiaires peuvent être vissées dans différentes positions. Cette approche permet de centrer le die du processeur graphique ou tout simple d’avoir un peu de latitude dans le positionnement du radiateur.

La ventilation est assurée par deux « 80 mm » de 10 mm d’épaisseur. Leur vitesse maximale est de 2000 rpm en 12 volts (830 rpm en 5 volts et 1250 rpm en 7,5 volts).

Le bundle est assez généreux avec 10 radiateurs de 20 x 15 x 6 mm (puces mémoire), 4 de 20 x 15 x 3 mm (pour passer sous les heatpipes) et 4 de 20 x 10 x 6 mm (VRM). Coolink fournit également de la pâte thermique et un adaptateur « 3 fils » molex. Par contre, aucune résistance n’est fournie pour limiter la vitesse de rotation…



Montage

Le plus fastidieux est encore le démontage du refroidisseur d’origine qui comporte pas moins de 12 vis. Après avoir vissé les entretoises dans les trous adaptés à l’entraxe de la carte graphique, il reste à placer des rondelles et à serrer les contrevis. Contrairement à beaucoup de radiateurs de seconde monte, le GFXChilla n’exerce pas une pression excessive qui tend à plier la carte.

Après avoir monté la carte, il reste à brancher la prise 3 fils soit directement à la carte mère soit via une molex. Le câble gainé est de bonne longueur… Par contre, on se rend vite compte qu’il est préférable de ne pas monter d’autre carte sous le GFXChilla sous peine de limiter leur arrivée en air frais. Autre « mauvaise » surprise, les vis au dos de la carte sont franchement hautes et bloquent pour ainsi dire le port supérieur. Enfin, à moins d’avoir un connecteur SLI souple, les heatpipes empêchent le montage du pont.


Le GFXChilla est surtout destiné à refroidir la carte graphique d’une configuration plutôt « vide »… Ce qui est de nos jours souvent le cas compte tenu de l’intégration de la majorité des fonctionnalités sur la carte mère.


Performances

Sur le plan sonore, le GFXChilla peut être considéré comme inaudible en 5 volts et en 7,5 volts. Testé dans les mêmes conditions que les cartes graphiques dans ce dossier, le bruit des deux ventilateurs est couvert par celui des autres ventilateurs de notre configuration de référence très silencieuse. En 12 volts, il devient la principale source sonore de notre machine… Il est même plus bruyant que le système d’origine au repos ! Un bémol cependant : en 5 volts, un des ventilateurs démarrait tout juste. Pour une utilisation avec une tension si basse, mieux vaut avoir recours à une prise 3 fils pilotée de la carte mère qui donne la pleine puissance au démarrage…


Bruit mesuré à 15 cm de la carte graphique

Au repos, les performances sont très bonnes avec la perte de 8°C au niveau du GPU en 5 volts. En 12 volts, le gain atteint 14°C. C’est cependant en 7,5 volts que les performances sont optimales avec une baisse de 12°C et le maintien du silence. A noter que le remplacement de la pâte d’origine par de l’Arctic Silver 5 ne fait gagner que 1°C… Et encore, il peut être simplement lié à une petite variation de la température ambiante.


Température du GPU via RivaTuner

En charge, le GFXChilla en 5 volts abaisse la température du GPU de seulement 3°C, ce qui est peu. De bien meilleurs résultats sont obtenus en 7,5 volts : 13°C ! A pleine vitesse, on gagne jusqu’à 17°C mais le bruit est trop présent… L’ Arctic Silver 5 n’apporte un gain ici qu’un gain de 2°C… Bref, il n’est pas vraiment utile de remplacer celle d’origine.


Température "ambiante" via RivaTuner

On note également que la température ambiante du GeForce profite également du GFXChilla du moins quand il est au moins alimenté en 7,5 volts. Malheureusement, nous ne disposions plus du VF1000 pour une comparaison directe. A titre de rappel, à pleine vitesse, il maintenait une GeForce 8800 GT à 39°C au repos et à 61°C en charge avec un niveau sonore maximum de 40 dbA.


Conclusion

Le Coolink GFXChilla ne révolutionne pas le refroidissement des processeurs graphiques mais pouvait-il en être autrement ? Pas vraiment… Malgré une finition assez sommaire de la base, il offre de très bonnes performances sur un GPU de « 100 watts » comme celui de la Zotac GeForce 8800 GT 512 Mo AMP. Alimenté en 7,5 volts soit 1250 rpm, le compromis performances/bruit est excellent mais il est préférable de ne pas aller au-delà. Les gains de température deviennent alors faibles tandis que le bruit augmente significativement. Côté points faibles, on peut signaler un encombrement « imprévu » avec des vis hautes au dos de la carte et des ventilateurs qui risquent l’asphyxie en cas d’utilisation d’une carte d’extension dans le slot inférieur. Le montage en SLI n’est donc pas vraiment possible d’autant que les heatpipes empêchent le montage d’un pont rigide. Ces défauts sont cependant présents sur la majorité des refroidisseurs de ce type… On regrette par contre l’absence de réducteur de vitesse. Au final, les 30 € du Coolink GFXChilla peuvent donc paraître élevés par rapport aux 33 à 35 € du Zalman VF1000 totalement en cuivre et livré avec un « FAN MATE 2 ».

Coolink GFXChilla : 7/10
Pour :
Nombreux radiateurs, excellent rapport performances/bruit en 7,5 volts, finition globale
Contre : Finition de la base, pas de contrôleur de vitesse, devenu depuis les baisses de prix des cartes graphiques, prix par rapport au VF1000, encombrement réel