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Pentium D série 900 vs Athlon 64 et Athlon 64 X2 |
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| Écrit par Pascal Thevenier |
| Jeudi, 05 Janvier 2006 21:33 |
Intel a choisi une bien drôle de période pour lancer un nouveau Pentium Extreme Edition ainsi qu’un chipset inédit. Qui, entre Noël et Nouvel An, se soucie d’une telle annonce ? Bien peu de monde selon nous… Cette période a-t-elle délibérément été choisie pour faire passer « en douceur » voire discrètement une énième évolution de l’architecture Netburst qui commence à s’essouffler ? Peu importe, finalement, l’important est de savoir ce que les Pentium D de la série 900 apportent concrètement par rapport à leur prédécesseurs de la série 800. La gravure en 65nm permet de doubler le cache de second niveau qui atteint maintenant 2Mo par core, des cores qui sont à présent « séparés » et, selon Intel, qui permettent de réduire consommation et dissipation thermique. Tout ceci est très intéressant dans la mesure où ces Pentium D série 900 sont les premiers à supporter la virtualisation…
L’avantage des solutions complètes… Intel se chargeant du développement et de la production de ses processeurs mais aussi de ses chipsets, voire de ses cartes mères, le fondeur n’est guère tributaire des tiers pour lancer de nouvelles technologies. Ainsi, lors des tests du Pentium EE 840, nous avions reçu le processeur ainsi que la dernière carte mère équipée d’un chipset inédit (i955X). Pour le Pentium Extreme Edition 955, le fondeur remet le couvert et annonce en complément des processeurs le jeu de composants i975X.Si on se base sur les « chiffres habituels », l’i975X n’est pas bien différent de son prédécesseur. On retrouve dans le Northbridge le support des FSB 800 et 1066MHz ainsi que la gestion de la DDR2-667. Côté Southbridge, c’est toujours l’ICH7R qui s’y colle avec l’Intel Definition Audio, 4 ports SATA-II, et 8 USB 2.0. Nous reviendrons plus en détail sur les fonctionnalités annexe. Le Pentium Extreme Edition 955, signe le retour du FSB à 1066MHz qui équipait déjà le Pentium 4 Extreme Edition 3.46GHz « Gallatin ». Un tel bus devrait aider à la communication entre les cores qui passe toujours par le chipset, ce qui n’est pas le cas des Athlon 64 X2… Le chipset i975X Comme le montre son diagramme de fonctionnement, l’i955X apporte une amélioration intéressante avec le support de deux ports PCI-Express en 8x ou d’un port PCI-Express 16x. Comme dans le cas de l’Asus A8N-SLI Premium, Intel a retenu une solution très élégante pour la configuration des modes. On retrouve en effet des chips Pericom PI2PCIE qui assurent automatiquement le fonctionnement en 2 x 8 lignes ou 1 x 16 lignes. Il y a cependant lieu de se demander l’intérêt d’un tel choix alors qu’ATI comme NVIDIA proposent déjà des solutions 2 x 16 lignes. Il est vrai que les deux constructeurs de cartes graphiques ont tout intérêt à proposer des solutions qui présentent leur système SLI ou CrossFire sous le meilleur jour. Dans le cas d’Intel, la présence de deux ports graphiques vise surtout la gestion d’écrans multiples et éventuellement du CrossFire. Par contre, exit le SLI, NVIDIA préfère le réserver à ses propres jeux de composants. Tant que nous parlons de slots PEG, sur la D975XBX, Intel a carrément été jusqu’à loger 3 ports à ce format ! Le troisième ne peut par contre être câblé qu’en maximum 6x (les 6 lignes du Southbridge) mais en pratique, ce port sera certainement limité au 4x. Quoi qu’il en soit, cette carte mère peut ainsi recevoir jusqu’à 3 cartes graphiques PCI-Express ! ![]() Toujours relié au Northbridge par un lien DMI offrant un débit de 2Go/s, le Southbridge est toujours l’ICH7R comme sur les plateformes précédentes. On y retrouve un contrôleur PCI-Express avec six lignes (dont une généralement utilisée par l’interface réseau), 4 ports ATA ainsi que 4 ports SATA-II avec le support du hot-plug et du NCQ (le Matrix Raid est toujours au programme), 8 connecteurs USB 2.0, l’Intel High Definition Audio (son 7.1) et enfin la prise en charge de 6 slots PCI. L’i975X ressemble donc beaucoup plus à l’i955X qu’à un nouvel ensemble. Il est vrai qu’on voit difficilement ce qu’il serait possible de lui ajouter de plus… Pentium Exterme Edition 955 et série 900 Comme dans le cadre de la série 800, le modèle Extreme Edition se singularise par la présence de l’HyperThreading, ce qui conduit à un total de 4 « processeurs » : deux unités physiques et deux unités logiques. D’un point de vue pratique, les Presler comptent cependant tous 376 millions de transistors contre 260 millions pour les Smithfield. L’écart est bien entendu lié au cache L2 qui passe de 2 x 1Mo à 2 x 2Mo. Mais les Presler ont un autre grand avantage sur les Smithfield. En effet, il ne s’agit plus de deux dies jumelés mais « simplement » de deux dies isolés montés sur le même support 775. Pour l’utilisateur final, rien ne change mais pour Intel, la combinaison d’une gravure en 65nm et de l’association de deux dies permet de réduire significativement les coûts de production. Le voltage est compris entre 1.2v et 1.3375 V selon l’activité du processeur, soit des valeurs comparables au Pentium EE 840. D’ailleurs, le TDP est du même acabit avec un impressionnant 130Watts ! D’un point de vue pratique, la carte mère Intel a révélé des températures de fonctionnement impressionnantes de l’ordre de 70°C avec des pointes à 77°C qui entraînaient une montée en régime du ventilateur (jusqu’à 4300rpm et le bruit qui va de paire). Sans entrer dans les détails, on peut donc admettre que si les températures et le TDP n’ont guère évolué, ce Pentium EE 955 qui affiche quand même 266MHz de plus que le Pentium EE 840 s’en sort pas trop mal… ![]() Depuis les Northwood dotés d’un pipeline de 20 étages avec un cache de 512Ko accessible en 19 cycles, Intel n’a pas cessé d’augmenter la fréquence mais aussi d’ajouter des étages au pipeline (31 à partir du Prescott) ainsi qu’augmenter encore et toujours la latence du cache L2 (29 cycles pour les Prescott 1Mo et 31 cycles pour les Prescott N0 tout comme les Presler). Bien entendu, Intel a compensé par différentes astuces technologiques comme une évolution du cache L1 de 12000µops à 16ko, une optimisation des unités de prefetch et de prédiction de branchement, de nouveaux WC buffers, un Trace Cache qui passe de 512 à 2000 entrées et une gestion de l'HyperThreading améliorée par 2 des 13 instructions SSE3. Mais au final, les nouveaux cores n’ont jamais égalé les performances brutes des bons vieux Pentium 4 « C ». Pour en revenir à nos chers Presler, ils supportent bien entendu toutes les dernières avancées apportées assez sporadiquement par toutes les versions antérieures : Execute Disable Bit (protection contre certains types de virus), EM64T (Extendent Memory 64 Technology – gestion du 64bits), EIST (Intel Enhanced Speedstep Technologie – fréquence variable selon la charge).Un petit détail fait encore la différence entre le Pentium Extreme Edition 955 et ses congénères de la série 900. Suite à un multiplicateur de seulement 13x impératif pour l’emploi d’un FSB 1066MHz et une fréquence commercialisable, il ne dispose pas de l’EIST. Les modèles de la série 900 supérieurs au 920 (2.8GHz) peuvent abaisser leur multiplicateur à 14x afin de réduire leur consommation ainsi que leur dissipation thermique. Virtualisation ? La virtualisation est certainement la grande nouveauté de 2006. Elle est au programme aussi bien chez AMD (Pacifica) que chez Intel (Vanderpool) et les Pentium de la série 900 sont les premiers à en bénéficier de manière fonctionnelle. De manière simpliste, il s’agit de réaliser quasiment en hardware ce que font de manière logicielle des outils comme VMware. Grosso modo, on crée des machines virtuelles sur lesquelles on installe des OS différents et/ou plusieurs instances d’un même système. Il faut bien entendu un hardware spécifique (processeur et chipset) et une couche intermédiaire (VMM pour Virtual Machine Monitor) entre le matériel et les OS. Même si notre processeur de test et les cartes mères reconnaissent bien la présence d’une technologie de Virtualisation, impossible d’en faire quoi que ce soit ! En d’autres mots, Intel n’a pas encore livré la couche de jonction… A notre plus grand regret, nous n’avons donc pas été en mesure d’étudier ce sujet pour le moins passionnant. Imaginez-vous rebooter un OS pendant que d’autres tournent toujours sur la même machine ! Intel D975XBX Les cartes mères Intel s’émancipent ! Sans prétendre rivaliser avec les ténors du marché de l’overclocking, la D975XBX propose quelques options qui permettent de booster la fréquence du FSB ainsi que de choisir la cadence de la mémoire, du PCI-Express et du PCI. Quelques voltages sont même ajustables… De quoi mettre le Pentium Extreme Edition 955 à plus de 4GHz sans broncher ! Enfin, sans encombre, car il faut quand même un refroidissement des plus musclés pour maintenir la bête à moins de 80°C ! ![]() Pour en revenir à la D975XBX, elle impressionne par son PCB noir, ses deux gros radiateurs placés sur les deux éléments du chipset et ses trois slots PCI-Express au format 16x. Autre détail, les cinq étages du VRM sont surmontés de radiateurs soudés. Signe d’une consommation importante ? Sans conteste comme le confirment la présence d’un connecteur EPS12V à 8 broches et d’un connecteur d’alimentation ATX 24 broches. Qui plus est, Intel recommande une alimentation de 600Watts. A titre indicatif, nous avons testé avec une ancienne Fortron 300Watts qui n’a pas réussi à démarrer la machine de test (voir plus bas)… A juste titre vu qu’un ampèremètre placé sur la prise affiche jusqu’à 1.37A en charge (+300Watts) et .74A au repos (~160Watts). ![]() Configuration de test Malgré le choix d’une configuration « pas spécialement lourde » avec seulement un disque dur et un lecteur DVD, une alimentation de 300Watts ne suffit plus. Un moindre mal vu la puissance des blocs actuels mais il est certain qu’une alimentation sans marque de 400 ou 500Watts ne supporterait pas un tel équipage… Nous avons réalisé les tests avec de la DDR2-677 trouvée à la hâte en cette période festive afin de ne pas dégrader les performances d’une telle configuration. Il est également à noter que cette DDR2-667 n’est à présent plus onéreuse, que du contraire (du moins tant qu’on se contente de timings moyens). Les performances des Pentium D « 900 » ont été obtenues en modifiant le FSB de 1066MHz à 800MHz et en jouant sur les multiplicateurs et en désactivant l’HyperThreading. Ces réglages sont offerts directement par le Bios de l’Intel D975XBX… Matériel Logiciel Performances ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() D’une manière générale, les Pentium de la série 900 n’apportent pas grand-chose en termes de performances si on compare aux modèles de la série 800 qui les précédaient. Si nous n’avons pas eu l’occasion de les tester à nouveau, les scores présents dans notre base de données montrent que le couple i975X – Pentium D 900 offre des performances comparables à un ensemble i955X – Pentium D 800. De plus, ils ont du mal lutter contre les Athlon 64 X2 et notre modèle 4200+ de référence leur donne beaucoup fil à retordre. Conclusion A l’heure du bilan, on peut comprendre qu’Intel n’ait pas réalisé un grand battage médiatique à l’occasion de la sortie de ses Pentium 4 série 900. En effet, le nouveau couple i975X – Pentium D 900 ne peut mettre en avant que le support de la technologie Vanderpool qui n’est hélas pas encore disponible. De prime abord, le chaland pouvait attendre de la gravure en 65nm et du cache L2 doublé de meilleures performances brutes doublées d’une chauffe et d’une consommation réduite mais en pratique, il n’en est rien. La série 900 est tout bénéfice pour Intel donc les Presler sont plus faciles et moins coûteux à produire. Le tableau n’est cependant pas noir vu que les tarifs des Pentium D série 900 sont comparables à ceux de la génération précédente (le modèle 940 profite même d'une baisse importante) avec en cadeau le support de la virtualisation. De plus, les processeurs Intel dual core sont bien moins onéreux que leurs homologues AMD, une considération importante quand le prix est un facteur important... Le cas des Pentium EE est toujours délicat. Bien sûr, le Pentium 955 est increvable et reste réactif même quand beaucoup d’applications tournent de front mais à 999$, il est plus une démonstration technologique qu’autre chose ! La démonstration est d’ailleurs toujours un peu bancale à cause du défaut de scheduler de Windows 2000/XP. L’i975X est pour sa part une avancée bien faible par rapport à l’i955X. Si le support de Vanderpool est un plus réel, la présence de deux ports PCI-Express graphiques exploitables en 16x ou 8x + 8x est peu intéressante dans la mesure où NVIDIA se réserve le SLI et que le CrossFire d’ATI est toujours dans les cartons du constructeur et non les étalages des revendeurs… Bref, une évolution aussi discrète que son lancement ! Rendez-vous dès la présentation de la virtualisation à moins qu’une autre famille de processeurs n’éclipse les derniers processeurs Netburst. Intel Pentium EE 955 : 6.5/10 Pour : Performances brutes de bon niveau et excellentes dans certaines applications multi threads, support de la virtualisation, overclocking sympathique, EM64T, XD Bit et SSE3. Contre : Prix, chauffe, consommation, nécessite un i975X, pas d’ EIST Intel Pentium D série 900 : 7/10 Pour : Performances en multi threads, virtualisation, EM64T, EIST, XD Bit et SSE3, prix (920) Contre : Performances dans les jeux, chauffe, consommation, i975X nécessaire pour la virtualisation, prix (940 et 950). |
| Mise à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 20:23 |