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Test PCI-Express vs AGP : Duo de GeForce 6600 GT !

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Écrit par Pascal Thevenier   
Mercredi, 22 Décembre 2004 10:36
Le PCI-Express va remplacer l'AGP et à en juger par les discours des constructeurs de cartes mères, cartes vidéo, chipsets ou processeurs, la transition ne devrait pas tirer en longueur. Il y a bien entendu plusieurs raisons qui motivent un passage rapide au PCI-Express : éviter deux gammes parallèles, vendre plus de processeurs graphiques et/ou de chipsets et profiter des nouvelles possibilités technologiques offertes par le PCI-Express. Pour l'utilisateur, le passage à ces nouvelles technologies ne manque pas de soulever des questions. Faut-il passer directement au PCI-Express ? Une version PCI-Express est-elle plus ou moins rapide que son homologue AGP ? Quels sont les avantages pratiques du PCI-Express ? Pour y répondre, nous avons profité des GeForce 6600 GT AGP et PCI-Express que nous avons testées sur des cartes Athlon 64 et Pentium 4 en AGP et PCI-Express. Nous avons aussi comparé ce duo de GeForce 6600 GT à deux cartes de référence…

½ GeForce 6800 GT…

Contrairement aux GeForce 6800 LE qui sont des GPU d'entrée de gamme par la force des choses – essentiellement afin de recycler des dies n'ayant pas 12 pixel pipelines fonctionnels au fréquences voulues – les GeForce 6600 sont des processeurs expressément conçus en version économique. Le GeForce 6600 ne comporte plus que 144 millions de transistors contre 222 millions pour son grand frère. Il est également gravé en 110nm (130nm pour le NV40), ce qui lui permet d'être plus économique à produire (plus de dies par galette) mais aussi de consommer moins. Enfin, la réduction du nombre de transistors et la nouvelle finesse de gravure autorisent des fréquences plus élevées qui pallient en partie le passage de 6 à 3 vertex pipelines et de 16 à 8 pixel pipelines (de 4 quads à 2 quads). Ainsi, le GeForce 6600 GT fonctionne à 500MHz contre 325MHz pour le GeForce 6800 et 350MHz pour le GeForce 6800 GT. Cependant, alors que le GeForce 6800 dispose de 16 pixel pipelines et de 16 Raster Operation pipelines, le GeForce 6600 n'en a plus que 4. A la sortie des 8 pixel pipelines, les fragments arrivent dans un goulot puisqu'ils doivent alors passer par seulement 4 ROP pipelines pour arriver à la mémoire (frame buffer). Cette architecture pourrait donc limiter les performances dans certains cas de figure. Cependant, dans les jeux actuels et benchs, les cartes sont excellentes.
Le dernier facteur limitatif du GeForce 6600 est son bus mémoire 128bits. Toutefois avec de la GDDR3 à 500MHz, le GeForce 6600 GT dispose d'une bande passante de l'ordre de 16Go/s, ce qui correspond exactement à la moitié de celle d'une GeForce 6800 GT (500MHz en 256bits).

De manière théorique, nous avons vérifié les pertes de performances (liées à la réduction du bus mémoire et au passage à seulement 4 ROP pipelines) avec le 3D Mark 2003. Par défaut, les GeForce 6800 GT et 6600 GT arrivent respectivement à 11000 et 8000 points. En activant le post-processing, un filtre appliqué juste avant le rendu, les scores arrivent à 10300 et 5200 soit 6.4% de perte pour le GeForce 6800 GT et 35% pour le GeForce 6600 GT.


AGP et PCI-Express

Lors de l'arrivée du PCI-Express, NVIDIA a choisi de développer un bridge pour convertir les signaux. Inversement, ATI a pris le pari de partir sur une gestion native avec des chips revus. Comme souvent pour ne pas dire toujours, un grand nombre d'utilisateurs avertis préfèrent ce qui est natif que ''transitoire'' pour ne pas dire bricolé. Aujourd'hui, le choix de NVIDIA qui soyons honnêtes nous avait fait sourire lors de l'IDF en 2003 semble des plus rationnels. En effet, après avoir adapté à moindres coûts sa gamme de l'époque (nativement AGP) en PCI-Express, le constructeur californien nous sort ''The Bridge, le retour'' avec un montage inversé, sur les GeForce 6600 conçus pour le PCI-Express et bridgés en AGP. NVIDIA ne se charge que de produire des bridges et n'a pas à décliner chaque processeur en deux versions.

Avec un GPU en 110nm moins gourmand au niveau électrique, le GeForce 6600 GT prend place sur un PCB assez simple. Le processeur y est monté de manière tout à fait classique. Il ne demande même pas d'alimentation auxiliaire dans sa version PCI-Express. Les 75Watts distillés par le nouveau bus sont largement suffisants.
En version AGP, la 6600 GT n'est guère plus complexe. La taille est inchangée mais la disposition est très différente. Le GeForce est monté sur sa ''pointe'', c'est à dire tourné de 45°, probablement afin de limiter l'encombrement mais aussi pour placer le bridge entre le GPU et le port AGP. Les 4 puces mémoire sont elles aussi montées à 45°.


Les deux cartes partagent le même combiné radiateur ventilateur. Une conception probablement prévue dans un soucis de réduction des coûts de développement et de la standardisation des composants à utiliser. Bien qu'exploitant une fréquence mémoire de 450MHz soit 10% de moins que la version PCI-Express, la GeForce 6600 GT AGP est équipée des mêmes puces de mémoire. En effet, nos Point Of View GeForce 6600 PCI-Express et Sparkle GeForce 6600 GT AGP exploitent des modules Samsung identiques (K4J55323QF-GC20) prévus pour 500MHz comme en atteste le document du constructeur. Le modèle AGP est équipé d'un second radiateur destiné au bridge. Ce dernier doit d'ailleurs chauffer pas mal étant donné les traces noires observées (voir la photo).


Les deux cartes testées

  • Sparkle GeForce 6600 GT AGP

    La carte de Sparkle respecte le design de référence de NVIDIA. Elle suit d'ailleurs les spécifications du fondeur californien avec un GPU à 500MHz et 128Mo de DDR3 en 128bits à 450MHz. Sparkle a chois de serrer le prix en limitant le bundle. Il se compose d'un adaptateur DVI -> VGA, d'un câble SVHS et d'un CD-ROM de pilotes. Au niveau de la connectique, rien à redire : VGA, DVI et TV-Out sont comme toujours présents. La Sparkle est disponible en Belgique à des prix assez intéressants compris entre 209€ et 230€ alors qu'en moyenne, les 6600 GT AGP sont affichées à plus de 240€ voire 250€ ''on-line''.

  • Point Of View GeForce 6600 GT

    A l'inverse de Sparkle, Point Of View mise sur un bundle des plus riches en proposant pas moins de trois jeux avec sa carte : FarCry, Prince Of Persia 2 et Pacific Fighters. Ce modèle PCI-Express est généralement de 10 à 15€ plus cher qu'un modèle concurrent, mais les titres en valent vraiment la peine. Cette 6600 GT PCI-Express se négocie aux alentours 220€ contre un rien plus de 200€ pour un modèle moins fourni. Comme Sparkle, Point Of View a suivi le design de référence. La carte dispose donc des sorties VGA, DVI et TV SVHS. Les fréquences du GPU et de la mémoire sont celles préconisées par NVIDIA. Même si notre carte n'est pas un modèle VIVO, le bundle contient un adaptateur avec entrée et sortie audio/vidéo. Point Of View livre également un adaptateur DVI -> VGA, une allonge composite et WinDVD.


    Configurations de test

    Il n'existe pas de cartes mères équipées à la fois d'un port AGP et d'un port PCI-Express 16x. Celles qui proposent cette disposition n'ont en fait pas un véritable port AGP mais bien un slot PCI standard recâblé. Il n'offre donc qu'un taux de transfert de 132Mo/s… Pour comparer nos cartes graphiques, nous avons du faire appel à pas moins de quatre cartes mères différentes !
    Pour les processeurs Intel, nous avons utilisé une MSI 865PE Neo2 et une MSI 915P Combo. Du côté des processeurs AMD, nous avons retenu les MSI K8N Neo2 Platinum et Asus A8N SLI Deluxe, toutes deux en Socket 939 (le Socket 754 n'a pas encore de carte mère PCI-Express). La diversité des chipsets présents, i865PE, i915P, nForce3 Ultra et nForce4 SLI ne sert pas au mieux notre comparaison directe entre les cartes graphiques, mais il est quasiment impossible de faire autrement…
    Afin de limiter autant que possible les erreurs, nous avons utilisé moins de jeux et benchs mais nous avons doublé les mesures pour réduire les possibilités d'erreur. A noter que nous avons cadencé les deux GeForce 6600 GT à 500/500MHz, soit un ''overclocking'' de 11% pour la mémoire de la version AGP.

    Matériel
  • MSI K8N Neo2 Platinum, MSI 865PE Neo2, MSI 915P Combo et Asus A8N SLI Deluxe
  • AMD Athlon 64 3200+ (NewCastle à 2200MHz), Pentium 4 3.20E GHz (PRescott) et Pentium 4 540 (Prescott 3.20GHz)
  • 2 x 512Mo DDR400
  • Maxtor DiamondMax Plus 9 120Go SATA-150
  • Ecran IIyama Vison Master 403 (synchronisation verticale désactivée)
  • Sparkle GeForce 6600 GT AGP, Point Of View GeForce 6600 GT, Radeon 9600 XT et Radeon 9800 Pro.

    Logiciel
  • Windows XP Pro + SP1
  • DirectX 9.0C
  • ForceWare 66.93, Catalyst 4.12
  • Aquamark 3 (défaut)
  • FutureMark 3D Mark 2003 bluid 3.5.0 (défaut)
  • FarCry 1024x768 Qualité
  • UT 2004 1024x768 Qualité
  • Doom III 1024x768 Qualité


    Performances



    Le tableau des performances issu de 3D Mark 2003 montre plusieurs informations intéressantes. Entre le score le plus élevé et le plus faible, l'écart est inférieur à 2%. On remarque aussi un très léger avantage pour la version PCI-Express. Dans le même registre, le Pentium 4 540 donne ici de ''meilleures performances'' que l'Athlon 64 (généralement 1fps de mieux). A noter que nous avons arrondi les scores à l'unité étant donné la diversité des plates-formes de test. Les scores de single texturing, multi texturing et pixel shaders sont identiques pour les versions AGP et PCI-Express. Ils le sont aussi sur les systèmes AMD et Intel. Le Pentium 4 prend un petit avantage sur l'Athlon 64 dans les scores Vertex Shaders (où le processeur joue un petit rôle).
    Avec Aquamark 3, ce sont les processeurs AMD qui sont avantagés. La GeForce 6600 GT PCI-Express prend également un mini avantage sur son homologue AGP.
    Les jeux DoomIII et Unreal Tournament 2004 confirment l'avantage de la GeForce 6600 GT PCI-Express. Mais FarCry illustre exactement le contraire ! Nous avons d'ailleurs observé un phénomène assez étrange en 1280x1024 sur l'i915P : le jeu était très lent (moins de 10fps) puis revenait à ~50fps de manière cyclique. Le phénomène est d'autant plus étrange qu'il s'est produit malgré deux réinstallations complètes alors qu'il n'y a pas eu de problème en 1280x1024 AA 4x et AF 8x ni avec le nForce4… On remarque également qu'en activant l'AA et l'AF, les scores sont beaucoup plus serrés, l'influence du reste de l'architecture devenant nettement moins importante.

    Sur la moyenne des jeux et en excluant le ''bug'' avec FarCry, la GeForce 6600 GT PCI-Express a un avantage symbolique sur la version AGP. Le classement est le suivant :
    1/ Athlon 64 3200+ & GeForce 6600 GT PCI-Express : 81fps
    2/ Athlon 64 3200+ & GeForce 6600 GT AGP : 80fps
    3/ Pentium 4 540 & GeForce 6600 GT PCI-Express : 75fps
    4/ Pentium 4 540 & GeForce 6600 GT AGP : 73fps
    Au sujet des deux cartes témoins, la Radeon 9600 XT est directement saturée par les processeurs que nous avons utilisés. Elle affiche systématiquement les mêmes scores qu'elle soit appairée à un Pentium 4 ou un Athlon 64. Quant à la Radeon 9800 Pro, elle affiche une moyenne de 65fps avec l'Athlon 64 et de 62fps avec le Pentium 4. Les GeForce 6600 GT apportent un gain de l'ordre de 20% par rapport aux Radeon 9800 Pro. A prix identique, il n'y a actuellement pas photo !


    Overclocking

    Nos premiers tests ont été très décevants ! A partir de 530MHz pour le GPU, des erreurs d'affichage sont apparues. La mémoire s'est par contre montrée des plus coopératives en acceptant de grimper de 500MHz à 600MHz.
    Après un démontage des radiateurs, nous avons trouvé l'explication à la faible propension des GPU à l'overclocking. La surface du radiateur est vraiment granuleuse et le pad thermique est de qualité assez moyenne. Après un polissage rapide et le dépôt d'Arctic Silver V, les deux GPU sont alors montés à 570MHz. Du coup, le score 3D Mark 2003 progresse de ~8000 à ~9000 soit un gain de l'ordre de 12.5%…


    Le système de refroidissement est relativement bruyant. Les nuisances peuvent être fortement réduites en démontant la plaque qui recouvre le radiateur. L'air s'écoule moins vite et siffle moins mais le refroidissement est un peu altéré. Il peut être compensé par un polissage du radiateur…
    Comme pour les GeForceFX 5900 et certaines Radeon, des GeForce 6600 GT sont équipées d'un monitoring de la température reporté dans les pilotes. La Point Of View 6600 GT PCI-Express dispose de la fonction mais elle fait défaut dans le cadre de la Sparkle 6600 GT AGP.


    Conclusion

    La première chose qui ressort de ce test est qu'il n'existe pas de différence de performances notables entre la GeForce 6600 GT PCI-Express et la version AGP. La seconde est l'indice de performances : ~20% plus élevé que celui d'une Radeon 9800 Pro actuellement vendue dans la même gamme de prix. En troisième lieu, on ne manquera pas de saluer l'overclocking correct des deux cartes et la dissipation thermique contenue. On retiendra au passage que l'Athlon 64 3200+ socket 939 se montre plus performant que le Pentium 4 540 (3.20E GHz) et que le Socket 754 n'a toujours pas droit au PCI-Express… Le duo de 6600 GT a donc de quoi séduire ! La version AGP est actuellement la meilleure solution de mise à jour existante grâce à un fort bon rapport prix/performances (mais il reste à savoir s'il y en aura d'autres notamment d'éventuelles Radeon X800 XL AGP). La version PCI-Express est généralement proposée à un prix moindre et est certainement le meilleur achat de cette fin d'année (le manque de concurrence – abandon de la Radeon X700 XT – n'y est pas étranger). Courant janvier, la riposte d'ATI est prévue avec des X800 XL (PCI-Express uniquement selon les informations connues) à prix cassé, c'est à dire comparable à celui des GeForce 6600 GT mais avec des performances de 6800 GT. N'étant pas devins, nous ne pouvons dire de quoi sera fait demain. Aujourd'hui, les 6600 GT sont d'excellents achats !

    GeForce 6600 GT : 9.5/10
    Pour :
    Prix, performances, overclocking sympa, versions AGP et PCI-Express, chauffe peu
    Contre : Rien de spécial

    Nous aurions aimé que NVIDIA laisse autant d'unités ROP que de pixel pipelines afin de garantir un plus haut niveau de performances (notamment lors de l'activation du filtre Post-Processing sous 3D Mark 2003 mais aussi dans le 3D Mark 2005 qui l'utilise systématiquement). Quoi qu'il en soit, la carte s'en sort très bien… Interrogé à ce sujet, NVIDIA signale que la présence de 8 ROP était ''inutile''. En effet, la bande passante mémoire est limitée par le bus 128bits. Les unités n'auraient donc pas été exploitées...
  • Mise à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 20:23