Home Tests Mobilité Acer Iconia Tab A500 et Android : nous attendions mieux...

Acer Iconia Tab A500 et Android : nous attendions mieux...

Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
Écrit par Pascal Thevenier   
Jeudi, 28 Juillet 2011 14:25

Compte tenu des échecs cuisants rencontrés par les « MID » et autres « UMPC », le succès de l’iPad a surpris tout le monde. Comme sur le marché des smartphones, le succès ne vient pas que de la « bonne idée ». En effet, si l’iPhone a réussi à s’imposer, c’est en partie grâce aux qualités d’iOS. Ce dernier est également en partie à la base du succès de l’iPad... Le temps de réponse de la concurrence s’explique assez facilement : d’une part, par le temps de développement d’un système d’exploitation dérivé de celui d’un smartphone et d’autre part, par la conception des tablettes elles-mêmes. Nous avons eu l’opportunité de tester l’Acer Iconia Tab 500. Une bonne occasion pour évaluer le concept de tablette tactile sous Android…




Une tablette tactile ?

Essayer une tablette tactile conduit inévitablement à juger plusieurs choses différentes. Comme nous l’avions constaté dans le dossier consacré aux smartphones, outre le concept lui-même, le système d’exploitation joue un rôle très important pour ne pas dire primordial et enfin, il reste à juger l’appareil lui-même. Des critiques peuvent donc porter sur la tablette, son OS ou de manière plus générale sur le concept même de la tablette tactile. Au cours de cet essai, nous essaierons autant que possible de préciser sur quelle composante portent les remarques. Sachez avant tout que de manière simpliste, une tablette tactile est un gros smartphone.


Iconia Tab A500

L’Acer Iconia Tab A500 que nous testons est approximativement 7x plus grande qu’un iPhone 4 et 1,5x plus épaisse (260 x 177 x 13 mm). Avec 756 grammes (soit 5,3x le poids de l’iPhone 4), au premier contact, elle donne cependant une impression de « lourdeur ». Quasiment symétrique dans les deux plans, l’Iconia Tab 500 est parfois un peu déconcertante. Même si l’affichage s’accorde rapidement à l’orientation de la tablette, il est difficile de différencier la gauche de la droite notamment quand on recherche le bouton de mise sous tension. Il en va de même pour trouver la prise casque ou les autres… Si cette symétrie sert le design avec brio, elle nuit au côté pratique. Autre détail gênant, dans le sens horizontal « normal » (entendez par là avec la prise dock vers le bas), les mains tombent juste devant les speakers. Dans l’autre sens (connecteur dock vers le haut), ce sont les capteurs photos qui sont masqués. Si la tablette est utilisée verticalement, les deux speakers se trouvent du même côté et l’effet stéréo est perdu. Côté alimentation, la prise compacte coudée à la finition caoutchoutée est franchement pratique. Le câble lui-même, trop court (950 mm) et assez rigide l’est franchement moins… Globalement, la finition est de bonne facture et on apprécie l’arrière en aluminium brossé. La rigidité est exemplaire : aucune torsion et aucun craquement.


On a vu mieux question longueur de câble...



Mise sous tension

Si la tablette démarre intégralement Android, le temps de démarrage est franchement long. Mais à l’image des smartphones, une tablette ne s’éteint pas comme un ordinateur. L’allumage est donc dans 99% des cas instantané. Le bureau d’Android 3.1 Honeycomb tel que présenté par défaut est un peu vide mais assez clair. L’intégralité des applications sont accessibles via une zone en haut à droite mais elles sont regroupées via des hubs : clear.fi, eReading, Jeux, Multimédia, Social et bien entendu Market. La personnalisation de la « home » est assez simple et les widgets en tout genre permettent d’afficher un peu de tout… La navigation entre les applications ouvertes est très pratique. Une icône située en bas à gauche et facilement accessible du pouce affiche des miniatures sous forme de liste qu’il suffit de faire défiler. Un « tap » suffit à basculer vers l’application voulue. Simple et efficace. Le fond d’écran peut facilement être changé mais si l’image est grande, il ne semble pas y avoir d’autre option qu’un affichage centré (pas de mise à l’échelle).


Un gros smartphone...


« Google » est inévitablement présent partout. Curieusement, on retrouve une application mail et une autre pour Gmail. D’autres applications se recouvrent un peu comme Adresse (qui permet de localiser des restaurants, stations services, attractions, cafés, distributeurs de billets et autres services) qui fait un peu double emploi avec Maps parfaitement capable d’afficher les mêmes renseignements. Un guidage vocal est téléchargeable gratuitement pour se diriger vers un point d’intérêt. L’installation est rapide et la navigation vocale se fait en français. Toutefois, dès les premiers instants d’utilisation de la tablette, l’absence de 3G se fait sentir. En effet, hors de portée d’un réseau Wifi, la tablette n’a plus guère d’utilité… De plus, le temps de fix du GPS sans l’assistance AGPS est relativement long.

L’accès à Internet passe par une version spécifique de Chrome finalement peu différente de la version classique. La navigation ne pose pas de problème. Par contre, quand on est habitué à utiliser un touchpad multitouch pour naviguer, on est déçu de ne pas pouvoir aller et venir entre les pages par un balayage à deux ou trois doigts. Les fonctions tactiles sont bien maigres excepté le zoom à deux doigts, le menu contextuel après un tap prolongé et le double tap pour un zoom intelligent, c’est morne plaine ! Une fois le lecteur Flash téléchargé, l’Iconia Tab lit la majorité des animations et des vidéos mais curieusement, certaines vidéos de Youtube demeurent illisibles… Pour la lecture des vidéos, le résultat est assez aléatoire en HD : certaines sont fluides, d’autres pas trop. Chrome est reconnu comme un navigateur mobile par certains sites. Du coup, ils ne sont pas consultables de manière normale (c’est le cas de certains Wiki). Enfin, si vous êtes fan de Gif animés, passez votre chemin : Leur affichage est dramatiquement lent !


Côté multimédia, ce n’est pas folichon au niveau des formats supportés. La prise en charge du format populaire DivX brille par son absence. En résumé, c’est H264 ou rien. L’audio est bien mieux géré avec un très bon lecteur intégré. Acer a ajouté Nemo Player pour lire les vidéos, MusicA un Shazam like et Aupeo en version d’évaluation pour les radios en streaming. Clear Fi est très pratique pour la diffusion et la visualisation des contenus multimédia via le réseau sans fil (DLNA) ou Bluetooth. Le hub eReader propose LumiRead, une application plutôt agréable pour lire et gérer des livres électroniques. Enfin, et pour ne pas aller à l’encontre des applications qui font double emploi, on retrouve un Navigateur Photo 3D et une Galerie plus classique.

Côté jeu, notre tablette est arrivée avec Let’s Golf HD, Hero Of Sparta et Need For Speed Shift. Pour avoir testé certains sur iPhone, on retrouve le même niveau graphique et les mêmes sensations. Les textures étant similaires sur toutes les plateformes, ces jeux sont plus amusants que graphiquement impressionnants… Pas de quoi casser trois pattes à un canard mais une certaine dose d’amusement en perspective quand même.

Tegra Zone et le Market Place sont là pour vous mettre l’eau à la bouche et découvrir des applications gratuites mais aussi payantes. A l’image de l’écosystème développé par Apple avec son App Store, Google fait ici de même et NVIDIA en profite pour exposer les jeux qui exploitent au mieux son processeur. La recherche sur le market n'est pas des plus pratique. Rechercher "Screen capture" conduit à une liste d'applications bien trop large n'ayant pas forcément rapport avec la réalisation de captures d'écran. Parmi les applications proposées, certaines ne fonctionnent pas nécessitant un accès root. Certaines sont prévues uniquement pour la version smartphone d'Android. Plus de filtres seraient les bienvenus pour affiner les recherches...


Technologies

L’Iconia Tab A500 embarque un processeur NVIDIA Tegra 250. Il s’agit d’une puce ARM A9 à 1 GHz avec à son bord l’équivalent d’une GeForce 6200 et 1 Go de DDR2 pour les seconder. Le processeur graphique supporte les normes OpenGL ES 2.0, OpenVG 1.1, EGL 1.4 et accélère le décodage vidéo HD ainsi que Full HD. Iconia Tab A500 embarque 32 Go de mémoire flash qui peuvent être étendus par l’ajout d’une MicroSDHC.

Côté « senseurs », on retrouve un récepteur GPS, un capteur de luminosité, un capteur de proximité, un gyroscope à trois axes et une boussole numérique pour ne pas perdre de nord. Un vibreur est aussi présent mais il manque selon nous franchement de puissance. L’écran tactile de 10 pouces tactile offre une résolution de 1280x800 pixels comme la majorité des portables avant la généralisation de la norme 16/9 HD (1366x768). Sa luminosité est élevée et le rendu des couleurs et les angles de vue franchement bons. Et pour cause, l’Icona Tab A500 utilise une dalle PVA !


APN et speakers sont souvent sous les mains, pas vraiment pratique...


Enfin, l’Iconia Tab A500 est équipée d’un APN 5 Mpixels avec mise au point automatique, flash LED et fonction vidéo au dos. Les vidéos sont de bonne qualité et la caméra capture bien les scènes rapides. Par contre, elle est affectée par une nette dominante bleue et aucun réglage n’est proposé dans l’application. A l’avant, l’APN 2 Mpixels, qui tire vers le rouge, est décalé par rapport à l’axe central. Ce décalage est particulièrement désagréable lors des conversations vidéo : la tablette doit être légèrement orientée vers la droite pour contrer le parallaxe… Totalement invisible, le micro est très efficace bien que son niveau d’enregistrement soit assez faible par défaut. Soit dit en passant, la reconnaissance vocale est franchement excellente. On s’habitude vite à dire à la tablette ce qu’elle doit rechercher ! Le processus est rapide et les propositions franchement cohérentes.

La connectique comporte une sortie audio mini-jack, une prise micro HDMI 19 broches, une prise USB A, une micro-USB (type B). Le slot Micro-SDHC (ainsi que le lecteur SIM sur les modèles 3G) se trouve derrière une petite trappe à l’aspect un peu « cheap ». La fonction USB Host permet à l’Iconia Tab A500 d’accéder aux fichiers multimédia sur une clé USB mais avec de nombreuses limitations : un formatage de la clé en FAT 32 (uniquement) et accès seulement à la musique et aux vidéos.

La batterie de 3260 mAh (tension non précisée) permet une autonomie comprise entre 5 et 7 heures selon l’usage. Voilà une autonomie bien modeste par rapport aux derniers netbooks où à un ultra portable...


Avis personnel

Le concept de la tablette ne m’a jamais réellement convaincu à titre personnel. Disposant déjà d’un smartphone et d’un ultraportable 11,6 pouces, la tablette ne trouve guère sa place dans mon usage. Trop grande pour s’inviter dans tous les déplacements, elle n’offre pas le confort d’un ultraportable dès qu’il s’agit de prendre des notes. Si les tablettes Android sont ouvertes aux documents (doc, ppt, xls, etc), l’accès à Documents To Go Full Version vous coûtera 14,99 € sinon, vous ne pourrez que visualiser les documents. Le clavier de la tablette est à peine plus pratique que celui d’un smartphone. A moins de la placer verticalement, toutes les lettres ne sont pas accessibles tout en tenant la tablette à deux mains. Il en va de même pour prendre des photos ou filmer, de par son format compact, un smartphone est bien plus approprié à ce genre d’usage. Le « confort » apporté par la tablette n’est pas significatif à mes yeux, exception faite pour lire quelques documents (au lit, dans le jardin, en attendant un train). C’est le seul cas où j’ai préféré prendre l’Iconia Tab A500 à la place d’iPhone 4 ou du MacBook Air. Pour ce genre de tâches, une liseuse, moins coûteuse, serait cependant bien suffisante. Au final, ce que fait une tablette, un smartphone le fait déjà parfois même de façon plus pratique. Heureusement, pas systématiquement !


Voilà à quoi ressemble l'écran après une heure d'utilisation, même avec des doigts propres...


L’absence de multitouch pour naviguer dans l’interface d’HoneyComb et des applications est très décevante. Le premier touchpad venu même sur un netbook offre plus de possibilités… Enfin, si comme moi vous ne supportez pas de voir un écran plein de traces de doigts, utiliser une tablette ne vous enchantera guère. Bien entendu, si vous avez souvent des photos à montrer ou que vous passez votre vie sur les réseaux sociaux, une tablette 3G peut-être un compagnon sympathique. Toutefois, gardez à l’œil qu’un usage intensif de la 3G risque de vous coûter rapidement très cher ! En l’absence de 3G et hors de portée d’un réseau Wifi, les possibilités offertes par une tablette deviennent assez limitées... Autre regret et dans le cadre d’un usage à domicile, les tablettes ne disposent jamais d’un port infrarouge qui serait bien pratique pour piloter un téléviseur, un lecteur Blu-Ray, ou tout autre décodeur…

Les portages multiplateformes actuels réduisent l’intérêt ludique d’une tablette (même si certains y trouveront leur compte) : le catalogue est bien réduit par rapport aux consoles (portables ou non), similaire à ce qui existe sur smartphone et graphiquement bien médiocre par rapport aux consoles et ordinateurs de bureau.

Autre grief à souligner, après avoir réalisé une « petite » vidéo (169 Mo quand même en quelques minutes), il n’est pas simple de l’exporter. Il n’est déjà pas aisé de la retrouver, le logiciel galerie empilant les vidéos les unes sur les autres ne montrant que la dernière. Une vidéo de 169 Mo ne passe pas par Gmail et en l’absence de gestionnaire de fichiers comme sur un système d’exploitation de PC de bureau, pas facile de l’expédier sur le nas du réseau local. L’Iconia Tab A500 fait bien serveur multimédia mais ce n’est pas pour autant que vous pourrez copier simplement la vidéo vers un ordinateur.

Les applications n'ont pas de bouton de fermeture. Elles restent donc ouvertes à moins d'aller les fermer dans les paramètres, ce qui ne vient pas forcément à l'esprit de l'utilisateur lambda. En outre, les performances de la tablette finissent par baisser à force de laisser tout et n'importe quoi ouvert de tous les côté. En déplaise aux fans d'Android, là encore, on attendait mieux qu'un mode de fonctionnement qui avait été largement critiqué il y a plus de 10 ans dans les PDA sous Windows Mobile...


Conclusion

Que dire d’un smartphone géant sans connexion 3G ? L’appareil en lui-même souffre de défauts d’ergonomie et Android n’est pas non plus exempt de critiques : pas d’exploitation du multitouch pour naviguer dans l’interface, l'arrêt des applications est peu pratique et la recherche sur le Market place manque de critères. Une tablette ne permet guère de faire plus de choses qu’un smarthpone. Pour consulter des documents, le grand écran est un avantage mais dans d’autres usages comme la prise de photos et la réalisation de vidéos, cette taille est plus pénalisante qu’autre chose. Au final, cette Acer Iconia Tabs A500 tout comme le concept de tablette ne nous emballe pas outre mesure, surtout compte tenu des tarifs actuels. Le jour où les tablettes de ce genre passeront sous la barre des 300 €, nous réviserons notre jugement. Vu les baisses de tarifs, cela pourrait bien arriver plus tôt que nous le pensions. Pour finir sur du positif, nous retiendrons surtout de cette tablette un superbe écran PVA, un design sympathique (dont la trop grande symétrie dessert l’orientation), une reconnaissance vocale parfaitement exploitable et des caméras capables de vidéos fluides et de bonne qualité (malgré leur dominante de couleur)…

Mise à jour le Lundi, 26 Mai 2014 09:31