Newsletter

Abonnement
Désabonnement


Articles en rapport

Home Tests Mobilité Test : Asus EEE PC 1215B et AMD Zacate E-450

Test : Asus EEE PC 1215B et AMD Zacate E-450

Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 4
MauvaisTrès bien 
Écrit par Pascal Thevenier   
Lundi, 09 Janvier 2012 13:33

A la fin de l’année 2007, l’arrivée prévue d’un nouveau type d’ordinateur inventé par Asus alimentait de nombreux sujets de conversation. Dès sa commercialisation, l’EEE PC 701, le premier d’une longue série de netbooks Asus, a connu le succès malgré de nombreuses limitations comme un « SSD » de seulement 4 Go, un Celeron M pas vraiment adapté, un mini écran de 7 pouces en seulement 800 x 480, etc. Le netbook d’aujourd’hui n’a plus grand-chose de commun avec son ancêtre sauf peut-être le tarif. Globalement, il s’est « embourgeoisé » mais pas forcément dans le mauvais sens du terme. Afin de faire un point sur l’ère des netbooks, nous avons testé un des derniers EEE PC, l’Asus 1215B basé sur la plateforme Brazos d’AMD et un APU Zacate E-450…




Après 4 ans d’évolution…

L’EEE PC 701 arrive en Europe lors du premier trimestre 2008. Il s’agit du premier netbook commercialisé par Asus, l’inventeur même du concept. La machine est extrêmement compacte avec 225 x 165 x 30 mm et un poids inférieur à 1 Kg. Afin de contenir le prix, Asus livre cette machine avec Xandros installé sur un mini SSD de 4 Go ou 8 Go. En l’absence de processeurs économiques dédiés à de si petites machines, Asus choisit un Celeron M 353 900 MHz sous-cadencé pour préserver l’autonomie. Malgré un tarif annoncé de 299 $ qui se transforme en 299 € dans nos contrées, l’EEE PC 701 rencontre un vif succès… A peine ce premier netbook arrivé, l’annonce de l’Atom, un processeur Intel bon marché à faible consommation, et de nouvelles machines pour l’été 2008 calme à peine les ardeurs des acheteurs.

L’été 2008 a été le théâtre d’un véritable raz de marée de netbooks, toutes les marques s’étant lancées dans l’aventure avec des modèles finalement « peu différents » : écran 1024 x 600, Intel Atom, disque dur de 160 Go, webcam, wifi et Windows XP. Les Asus EEE PC 901 et 1000H, MSI Wind et son clone le Medion Akoya Mini ainsi que les Acer Aspire One et Samsung NC10 ont clairement marqué cette période… Le prix moyen d’un netbook se situe alors aux alentours de 350 €.

L’année 2009 est marquée par l’arrivée de l’Atom Z et de son chip compagnon Poulsbo bien moins gourmand que le vieux i945GSE (et son énorme TDP de 12 watts soit 5,5x plus que l’Atom). Malheureusement, cette évolution se fait au détriment d’une puissance déjà très modeste. Des machines comme l’Acer Aspire One 751 ont beau offrir un bel écran 11,6 pouces HD (1366x768 contre 1024x600) inédit pour un netbook, les prestations du duo Atom Z520 & Poulsbo leur font perdre de l’attrait. Samsung apporte un peu de fraîcheur dans le paysage avec le NC20, un 12 pouces en 1280x800 à base de VIA Nano. NVIDIA profite de la rentrée 2009 pour proposer une solution alternative au vieux chipset i945GSE. Contrairement au Poulsbo, il est taillé pour d’excellentes performances notamment en 3D. L’ION connait un succès notable grâce aux Samsung N510 et Compaq 311C. Ce n’est qu’en fin d’année qu’un premier processeur AMD arrive dans les netbooks avec le couple Athlon L110 & Radeon X1270. En 2009, les prix sont très variables allant de 300 € pour un Atom en 10 pouces à plus de 450 € pour une machine « ION » avec un 11,6 pouces.

En 2010, Intel coupe l’herbe sous le pied de NVIDIA en lançant les Atom N450. Ils embarquent directement le contrôleur tout le northbridge (contrôleurs mémoire et graphique) et ne laissent plus guère de place à l’ION d’autant plus qu’il ne reste qu’une seule ligne PCI-Express libre pour la communication avec un éventuel autre GPU… L’arrivée de ce nouvel Atom et de variantes Dual Core ne relance pas le marché des netbooks. Les nouveaux Atom restent « mous du genou », les performances stagnent et Windows 7 a du mal à s’accommoder de cette puissance si faible ainsi que d’un écran 10 pouces en 1024x600. Au terme d’une année morose dont l’actualité a été dominée par l’iPad et les futures tablettes concurrentes, seul l’Asus EEE PC 1215N a connu un succès notable mais uniquement auprès d’un public très ciblé. Des modèles comme le MSI Wind 12 avec son AMD Neo MV-40 passent même « inaperçus » ! Le fossé tarifaire s’est accentué avec un prix d’accès de l’ordre de 250 € pour une netbook premier prix à presque 500 € pour un modèle haut de gamme comme le 1215N.

Depuis, le marché semble être volontairement tué dans l’œuf par Intel et Microsoft. En 3 ans, Intel n’a pas fait progresser la puissance de l’Atom (hors Dual Core) et Microsoft impose des limitations réellement pénalisantes avec Windows 7 Starter. Du coup de nombreux constructeurs quittent tout simplement le marché des netbooks…


2011 : un nouvel espoir !

Depuis 2009, AMD travaille sur un « nouveau » concept appelé Fusion. Il vise à intégrer un processeur graphique (en plus du contrôleur mémoire) au sein même du CPU qui devient pour l’occasion un APU (Accelerated Processing Unit). AMD élabore sa « Fusion » pour trois segments différentes :

  • Brazos vise les ultraportables et netbooks.
  • Sabine cible les ordinateurs portables classiques.
  • Lynx est destiné aux desktops.

Début 2010, Intel a par contre été le premier à commercialiser un processeur de ce genre avec l’Atom Pineview… AMD ne baisse cependant pas les bras et croit en son projet Fusion. Contrairement à Intel, grâce à sa division graphique ATI, la firme texane peut intégrer des puces graphiques bien plus évoluées que les HD Graphics d’Intel.



Pour les netbooks, la plateforme Brazos est segmentée en trois classes :

  • Desna pour les APU Z series : TDP de 6 Watts
  • Ontario pour les APU C series : TDP de 9 Watts
  • Zacate pour les APU E series : TDP de 18 Watts

Dans le cadre de l’Asus 1215B, c’est la variante Zacate avec l’APU E-450 qui nous intéresse. Il s’agit d’une puce Dual Core utilisant la nouvelle architecture Bobcat (nom de code K14) de type super scalaire à 2 issues comme celles de l’Atom. Si les choix technologiques sont proches, AMD a cependant moins sacrifié les performances sur l’autel de la consommation qu’Intel ne l’a fait avec l’Atom.



Ainsi l’architecture Bobcat bénéficie de l’exécution « OOO » (Out Of Order) qui manque à l’Atom et le pénalise sur le plan des performances. A titre de rappel, les processeurs travaillant en mode « In-Order » traitent les instructions selon leur ordre d’entrée (défini par le code du programme) qui n’est pas forcément adapté à la microarchitecture du processeur. Le traitement « OOO » qui a été introduit par le Pentium-Pro permet de réorganiser les instructions afin d’optimiser leur passage dans le pipeline selon l’architecture spécifique du processeur et ainsi éviter d’éventuels blocages ou ralentissements. L’architecture Bobcat fait également appel aux registres physiques (PRF) réintroduits dernièrement notamment avec les Sandy Bridge qui aident à réduire la consommation. Le pipeline des « Bobcat » est de type court avec seulement 15 étages. AMD a également intégré la virtualisation qui n’est pas présente sur les Atom.

Au niveau des spécifications, l’E-450 est cadencé à 1650 MHz sur base d’un bus principal à 100 MHz. Sa fréquence varie entre 825 MHz et 1650 MHz selon la charge de travail par ajustement du multiplicateur. Il embarque 32 Ko de cache L1 et 512 Ko de cache L2 pour chaque core. Les processeurs Zacate comme l’E-450 sont gravés en 40 nm CMOS et occupent 75 mm². Dans le cas de l’Asus 1215B, l’E-450 en BGA-413 est soudé à la carte mère et son alimentation est de 1,35 volt. AMD n’a visiblement jamais communiqué sur le nombre de transistors mais les estimations tablent sur ~400 millions. A titre indicatif, les 176 millions de transistors d’un Atom Pineview en 45 nm Dual Core comme le N570 occupent 87 mm² (123 millions sur 66 mm² en version mono Core).

Les APU Zacate embarquent également un contrôleur mémoire 128 bits simple canal pour de la DDR3 partagée entre les deux cores et le processeur graphique. Ce dernier est d’ailleurs le point fort des APU étant donné qu’il s’agit d’une Radeon Cedar de la famille « Evergreen » avec 16 unités vect5 (80 processeurs de flux), 8 unités de texturing et 4 ROPs. Dans le cas de l’E-450, le contrôleur gère la DDR3 1333 et la Radeon HD 6320 est cadencée à 508 MHz avec un mode Turbo à 600 MHz. Dérivé de la Radeon HD 5450, elle prend en charge DirectX 11, Open GL 4.1, OpenCL ainsi que le décodage de la majorité des flux vidéos MPEG2, H.264, VC1 et Xvid. De leur côté les Atom les plus récents se contentent d’un GMA 3150 de 2007 cadencé à 400 MHz limité au support de DirectX 9.0c, OpenGL 1.5 et au décodage MPEG2.


Les APU de la famille Bobcat sont associés à un « chipset » A50M (Hudson-M1) via une liaison PCI-Express 1.1 4x appelée UMI (2,5 GT/s). L’A50M gère 14 ports USB 2.0, 6 ports SATA 6 Gbps et l’HD Audio sur 4 canaux. Gravé en 65 nm, il a un TDP relativement élevé de 4,7 watts, ce qui conduit le TDP total de la plateforme Zacate à 22,5 Watts.


Asus SeaShell

L’Asus 1215B utilise le châssis SeaShell d’Asus lancé en 2009. Il s’agit donc d’un design assez ancien et déjà largement utilisé par d’autres EEE PC de la série 12xxYZ. Plutôt réussi sur le plan esthétique, il est par contre des plus fermés. En effet, il ne permet que le changement de la mémoire. Toute autre opération comme le changement de disque dur ou de carte Wifi passe par un démontage fastidieux de pièces aux clips fragiles et le retrait d’un autocollant : « Warranty Void »… Le châssis SeaShell est rigide notamment grâce à une grande plaque métallique sous le clavier et le repose poignets. Elle joue également le rôle de dissipateur thermique pour l’APU. Un ventilateur assure l’évacuation de l’air chaud interne vers l’extérieur. Il n’y a cependant aucun radiateur ou système à heatpipe pour évacuer directement la chaleur de l’APU… Ceci étant même en charge maximale, le 1215B ne chauffe absolument pas. Le ventilateur tourne par contre tout le temps à très faible vitesse. Il est généralement peu audible mais dès qu’il monte en régime, il se fait entendre. Il faut cependant solliciter l’APU pour que le bruit de ce ventilateur dépasse celui du disque dur Seagate aussi bruyant que poussif.

L’écran brillant souffre des défauts caractéristiques des dalles TN LED. Les noirs sont brûlés et trop lumineux, ce qui conduit inévitablement à un contraste médiocre… La résolution HD (1366 x 768) est agréable sur un écran de 12,1 pouces. On retrouve donc le même espace de travail que sur la majorité des 15,6 pouces. Les charnières maintiennent bien l’écran et le carter plastique à la finition alu brossé offre une bonne rigidité. La webcam 0,3 Mpixel est médiocre et ce ne sont pas les petites attentions apportées par Asus comme l’obturateur pour couper temporairement la camera ou la LED témoin de fonctionnement ni même le logiciel à l’ergonomie « Made In China » qui corrigent le tir…

Les enceintes sont du même acabit que la webcam. Il s’agit certes d’un netbook mais avec deux petits speakers orientés vers le bas sous le repose poignets, le 1215B est loin de restituer le son aussi bien qu’un bon vieux 1000H. Dans un registre similaire, le micro n’est pas en stéréo comme sur d’ancien EEE PC…


L'accessibilité se résume à une trappe donnant accès aux banques de mémoire...


Le clavier du type « Chicklet » est correct pour ce type de machine avec des touches de 15 mm espacées de 3 mm. On apprécie les flèches de direction de la même taille que les autres touches ainsi que les touches dédiées : Home, End, Page Up et Page Down. Par contre, le plastic gloss autour du clavier est une calamité ! Il conserve toutes les traces de doigts qu’il est difficile de nettoyer entre les touches… De plus, il existe un jeu entre le clavier et la grande plaque (juste en dessous) qui assure la rigidité. Du coup, sur certaines zones, après la butée en fin de course des touches, on a une seconde butée quand la base du clavier vient en contact de la plaque. Effet spongieux désagréable assuré.
Le touchpad Synapthics est par contre une référence avec une zone tactile multitouch de 85 x 48 mm. Le pilote est programmable à souhait et permet de se passer facilement des boutons. Ces derniers sont réunis en une seule barre. Les clics sont francs et discrets mais la matière conserve une fois de plus toutes les empreintes. Ce n’est par contre pas le cas du touchpad « noyé » dans le repose poignets en finition aluminium brossé.

En plus du bouton de mise sous tension, Asus a ajouté un double interrupteur pour activer/désactiver les liaisons sans fil (Wifi et Bluetooth) ainsi que pour cycler entre les modes d’économie d’énergie de SHE (Super Hybrid Engine). Soit dit en passant, ce dernier fait tout simplement triple emploi compte tenu de la présence de trois modes de fonctionnements déjà présents d’origine dans Windows 7 et de ceux proposés par AMD Vision Engine Control Center.


La zone ajoutée en noir représente la batterie et les pieds qu'Asus efface sur ses photos...
Le 1215B est en réalité haut de ~40 mm à l'arrière comme annoncé : 296 x 203 x 38 mm.


La puce Wifi 802.11n est une Broadcom 4313GN vraiment peu performante. Sur notre routeur D-Link DIR-855, elle se connecte à seulement 72 Mbps avec des taux de transfert max de ~4 Mo/s. En moyenne, les débits ne sont que de l’ordre de 2,5 à 2,6 Mo/s et il ne s’agit pas d’un cas isolé, de nombreux utilisateurs ont constaté ces performances indigne d’un « Wifi N ».


Enfin, s’il y a bien un point fort à épingler pour ce 1215B, c’est son adaptateur secteur « taille rikiki » avec son mini connecteur côté netbook et une simple prise bipolaire côté secteur. C’est compact et léger, bref, conçu et bien conçu pour la mobilité. Le 1215B n'est pas trop lourd : 1516 grammes pour le netbook et 204 grammes pour l'adaptateur (soit 1720 grammes au total à transporter).


Caractéristiques

Longtemps bridés au niveau hardware en raison de contraintes imposées par Microsoft pour profiter de licences Windows XP, les anciens netbooks présentaient des caractéristiques très similaires. Début 2010, l’arrivée de Windows 7 Starter sur les netbooks a permis de porter la capacité des disques durs de 160 Go à 250 Go. Les derniers netbooks haut de gamme se sont affranchis de la version « Starter » et de ses limitations. Corollaire de ces prises de libertés : un netbook comme l’EEE PC 1215N valait 499 € à la rentrée 2010 lors de son lancement. Avec un disque de 500 Go, 2 x 2 Go de DDR3-1333 et l’USB 3.0, le 1215B se démarque très largement d’autant plus que le prix de 349 € n’est pas excessif pour un 12 pouces en HD.



Performances

Les APU résultent de la « Fusion » d’un CPU et d’un GPU. Il y a donc lieu de se pencher sur les performances des deux composantes même si dans le cas d’un portable, il est toujours de bon aloi d’analyser les deux parties… Nous avons donc « pioché » dans notre base de données pour récupérer les benchs de netbooks marquants (ION), représentatifs (Atom N270, N520, N450 et D525) et/ou exotiques (Via Nano ou encore AMD Neo) afin de cerner au mieux les prestations de l’APU Zacate.


La partie CPU de l’APU n’offre pas des performances révolutionnaires en mono tâche. En effet, avec un score CPU Mark de 130, l’E-450 n’est que 11% plus rapide qu’un Atom N450 et seulement 5,7% plus performant qu’un Atom D525. D’autres processeurs rares comme le Via Nano U225 1,3 GHz et l’AMD Neo MV-40 font mieux avec respectivement 141 (+8,5%) et 183 (+40,7%). Notons au passage que l’E-450 est très loin d’un Core 2 Duo SU9600 (1,6 GHz) comme celui du MacBook Air de 2010 qui obtient un indice de 228 (+75%)…


L’E-450 profite par contre d’une solide FPU en mono tâche. Avec un score FPU Mark de 7529, il se place en seconde position du classement des machines retenues pour le comparatif.


GeekBench est un test multi tâches qui exploite au mieux les capacités du matériel. Dans ce test, les Via Nano U225 (-44,7%) et autre AMD Neo MV-40 (-37%) rapides en mono tâche sont à présent à la peine par rapport à l’E-450 en raison de leur conception mono core. Malgré la présence de l’HyperThreading, les Atom N (mono core) sont tout simplement largués (-50% à -63%) ! Avec un indice impressionnant de 1723, l’E-450 (Dual Core à 1,6 GHz) fait même mieux que l’Atom D525 (Dual Core avec HyperThreading à 1,8 GHz) et son score de « seulement » 1394. L’APU n’est d’ailleurs pas très loin du Core 2 Duo du MacBook Air (1816 sous Windows 7, score nettement moins bon que sous OS X).


Fritz ChessBenchmark est une application multi tâches qui simule une partie d’échecs. Cette fois, l’APU E-450 est dépassée de très peu (3,7%) par l’Atom D525. Tous les autres processeurs pour netbooks sont deux fois plus lents… Le Core 2 Duo SU9600 est par contre 28% plus rapide que l’E-450.

 


Lors du transcodage de vidéo, l’E-450 offre des performances de très bon niveau. En conversion AVCHD, il est moins rapide que l’Atom D525 mais il est par contre largement plus véloce pour un encodage léger (format iPod). Les Atom N, Nano U225 et dans une certaine mesure le Neo MV-40 courent dans une catégorie nettement inférieure… On notera au passage que le Core 2 Duo officie dans une classe supérieure.

 


Peu de tests 3D s’accommodent de la faible puissance d’un GMA 950 tout en étant représentatifs des performances de GPU nettement plus récents et véloces comme les ION ou les Radeon utilisées par AMD. Toutefois, ne nous leurrons pas avec l’appellation Radeon HD 6320 relativement « pompeuse » de la partie graphique de l’APU E-450. Elle offre une puissance graphique exceptionnelle et un support d’API peu commun pour un GPU intégré dans un processeur « modeste » mais comme le montre le nombre d’images par seconde atteint dans les « jeux/tests » du 3D Mark 2005, la jouabilité ne serait pas au rendez-vous !

 


En HD tout au minimum : De bons résultats pour l'APU.


Nous avons testé l’APU E-450 et sa Radeon HD 6320 dans des jeux afin de la comparer à l’Intel HD Graphics 3000 des Sandy Bridge et à la GeForce 320m (un des plus puissants IGP) du MacBook Air. Les mesures ont été réalisées avec tous les réglages au minimum en résolution HD. Les résultats de l’APU sont franchement bons. On remarque un manque de puissance CPU dans les jeux anciens comme Street Fighter IV là où un Core ix booste le score d’une HD Graphics 3000. Dans des jeux plus complexes au niveau graphique, la puissance du processeur joue moins et la Radeon HD 6320 n’est plus distancée. Enfin, la GeForce 320m est toujours bon pied bon œil !


Le disque dur Seagate Momentus 5400.6 de 500 Go est un véritable boulet avec des temps d’accès (18,4 ms) et un niveau sonore dignes du siècle dernier. Seuls ses taux de transfert sont corrects avec un minimum de 41 Mo/s et un maximum de presque 82 Mo/s pour une moyenne de 66,3 Mo/s.


A l’issue de ces tests, les performances de l’E-450 sont « étonnantes ». Nous attendions un plus grand écart en puissance processeur brute par rapport à un Atom D525 et nous escomptions des performances 3D/ludiques plus faibles. En pratique, les performances ludiques et/ou 3D de cette APU sont excellentes avec une Radeon HD 6320 qui tient tête à une HD Graphics 3000 (le GPU d’un processeur de classe nettement supérieure) mais au niveau processeur, l’E-450 n’est pas en mesure de rivaliser avec un bon vieux Core 2 Duo ULV de même fréquence. Dans le cas de l’EEE PC 1215B qui nous intéresse aujourd’hui, c’est surtout le disque dur qui plombe les performances et certainement pas l’APU.


Consommation, nuisances et gestion d’énergie

Au repos, avec le profil économie d’énergie de Windows 7, l’EEE PC 1215B consomme ~7 watts, ce qui est loin d’être extraordinaire. En effet, lors de nos tests, l’Acer Timeline X 4820TG ne consommait que 6 watts au repos alors qu’il embarque un Core i3 330 ainsi qu’un écran plus grand et tout aussi lumineux. Le Packard Bell TS11, un « 15,6 pouces » descendait quant à lui à 7 watts tandis que l’Asus X53SC, très similaire, ne parvient pas à passer sous les 10 watts. Dans nos essais, le MacBook Air 11,6 pouces 2010 reste imbattable seulement 3,6 watts pour afficher le bureau... Les derniers netbooks que nous avions testés consommaient entre 7,5 et 8 watts dans les mêmes conditions. Selon nos tests habituels, l’autonomie est de l’ordre de 5 ½ heures. Nous attendions mieux d’un netbook récent avec une batterie de 56 Wh…

La lecture d’une vidéo Flash en 1080p (Waka Waka de Shakira) en mode économie d’énergie demande entre 12 et 13 watts en fenêtré et autant en plein écran. La charge du processeur est de l’ordre de 65% alors qu’il n’utilise même pas sa fréquence maximale. Il n’y a pas de perte d’image tant qu’on laisse la machine pleinement se consacrer à la lecture. Pour pouvoir faire autre chose durant la lecture de cette vidéo en 1080p, il faut passer en mode « normal » avec une consommation comprise entre 13 et 15 watts. Ces valeurs sont comparables à celles obtenues par les Asus X53SC et Packard Bell TS11 à base de Core i3-2310m. Le bilan est donc loin d’être exceptionnel…

Sous Prime95, la consommation atteint 18 watts. Elle ne grimpe qu’à 23 watts en ajoutant FurMark, ce qui donne une autonomie de presque 2 ½ heures en utilisation maximale. Avec seulement FurMark, la consommation est de l’ordre de 20~21 watts.

L’Asus 1215B est discret avec 33,3 dBA au repos. Dans ces conditions, le disque dur est probablement le composant le plus audible. Le ventilateur qui tourne tout le temps émet un bruit de roulement faible mais désagréable en milieu silencieux. Quand le ventilateur tourne à plus haut régime, le niveau sonore grimpe à 35 voire 36 dBA. Des valeurs comparables à celles des deux derniers 15,6 pouces que nous avons testés avec un Core i3-2310 et une GeForce GT 520m… Dans ces conditions, le bruit émis par le ventilateur est « éclipsé » par celui du flux d’air « plus agréable » à l’oreille.

L’APU E-450 profite d’une fréquence variable qui oscille entre 825 Mhz et 1650 MHz. Les deux cores exploitent cependant la même fréquence même si un des deux n’est pas sollicité. La Radeon HD 6320 fonctionne à 275 MHz au repos et en 2D. Sa fréquence grimpe à 508 MHz en activité : 3D et lecture vidéo. Au repos, l'APU est aux alentours de 50°C et la température se stabilise à 72°C après une bonne demi-heure de Prime95 et FurMark. Il faut cependant rappeler qu'il n'y a pas de heatpipe allant de l'APU au ventilateur (qui se contente d'extraire l'air chaud de l'intérieur)...

AMD propose le logiciel Vision Engine Control qui n’est autre que le panneau de contrôle des Catalyst dans sa dernière mouture avec des raccourcis pour différents réglages des paramètres d’énergie de Windows 7. L’utilitaire permet par exemple de couper le Wifi (mais pas Bluetooth), de limiter la fréquence maximale de l’E-450 à 1350 MHz ou 825 MHz et de modifier le profil PowerPlay (performance ou économie) avec si besoin des réglages différents sur batterie et sur secteur (tant pour le CPU que le GPU), d’activer la douteuse technologie Vari-Bright (qui « délave » totalement un rendu déjà peu contrasté), etc. Il propose des profils de gestion d’énergie en plus de ceux déjà offerts par Windows 7 (pourtant suffisants selon nous). Pour compliquer le tout, Asus SHE (aka Super Hybrid Engine) offre aussi des profils… De quoi fortement compliquer des choses simples !


Conclusion

Avec sa plateforme Vison et plus particulièrement les Zacate, AMD offre « la » solution qui aurait du exister dès les premiers jours de l’ère des netbooks. Si la puissance processeur n’est pas significativement plus élevée que celle des derniers Atom Dual Core, elle est suffisante pour Windows 7 et surtout dans le cadre d’un netbook. La Radeon HD 6320 est une bénédiction pour les joueurs occasionnels et les fans de multimédia. Elle est incomparablement plus puissante que les immondes GMA totalement dépassés au niveau de la prise en charge de flux HD proposés par Intel pour les netbooks. La Radeon HD 6320 distance également l’ION « next gen » (plus trop « next » de nos jours) et se permet de rivaliser avec les Intel HD Graphics 3000 et avec un des meilleurs IGP jamais commercialisés : la GeForce 320m.

Malheureusement, AMD arrive un peu tard, le marché des netbooks étant délaissé par les constructeurs… Et si l’E-450 suffit à un netbook, voire à un ultraportable, il est un peu « faiblard » par rapport à un Core i3 courant dans les portables premier prix. De plus, le TDP de l’E-450 est quand même élevé avec 18 watts auxquels il faut ajouter presque 5 watts pour le chipset. Certes, il faut utiliser des logiciels comme Prime95 ou FurMark pour atteindre la consommation maximale mais 7,5 watts au repos et jusque 15 watts en lecture Flash 1080p ne constituent nullement des exploits : de gros portables de 15 pouces avec un Core i3, i5 ou même i7 font « aussi bien » voire mieux… La performance par watt des Zacate n’est donc pas exceptionnelle.
Outre son APU, l’Asus EEE PC 1215B a des atouts comme un excellent touchpad, un mini adaptateur secteur avec des prises peu encombrantes, une bonne rigidité, un port 3.0, 4 Go de DDR3-1333, et Windows 7 64 bits Home Premium. Il a aussi ses défauts : clavier spongieux par endroit, finition gloss autour des touches, webcam médiocre, speakers très moyens, un écran peu contrasté avec des noirs brûlés et aucune accessibilité (excepté à la mémoire). Enfin, les 349 € demandés aident à faire oublier des défauts mais n’empêchent pas de considérer des modèles comme l’HP DM1, le Lenovo IdeaPad S205 voire le Samsung NP305.

AMD Zacate E-450 : 8/10
Pour :
Bonnes performances 3D, adapté aux flux vidéos actuels, prix, consommation maximale contenue
Contre : Performances CPU modestes, consommation au repos

Asus EEE PC 1215B : 7/10
Pour :
Prix/performances, design, 4 Go, USB 3.0, Windows 7 64 bits, excellent touchpad, adaptateur secteur compact et léger
Dans la moyenne : Autonomie, finition, niveau sonore
Contre : Ras le bol du gloss (écran, bords d'écran et pourtour clavier), accessibilité nulle, webcam moisie, enceintes médiocres, ventilation simpliste moyennement efficace, clavier, wifi peu performant, écran peu contrasté

Mise à jour le Mardi, 12 Août 2014 12:23