Home Tests Mobilité Test du Dell Latitude E6400

Test du Dell Latitude E6400

Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 52
MauvaisTrès bien 
Écrit par Pascal Thevenier   
Jeudi, 27 Novembre 2008 17:07

Durant l’été, Dell a renouvelé sa gamme professionnelle Latitude avec la série « E ». Les améliorations sont nombreuses par rapport à la génération précédente avec notamment un châssis entièrement neuf annoncé comme particulièrement rigide et des fonctionnalités – souvent en option – qui les mettent à niveau par rapport à la concurrence. Les Latitude E peuvent ainsi recevoir un écran à rétro éclairage LED avec capteur de luminosité, un clavier rétro éclairé, un modem HSPDA, etc. Au niveau technologique, la gamme repose bien entendu sur la plateforme « Centrino 2 » et Dell annonce une autonomie assez impressionnante malgré la présence d’une NVIDIA Quadro NVS 160m. Il y a donc pas mal de choses à vérifier avec notre Dell Latitude E6400 haut de gamme…




Nouveau look

Noirs et anguleux, les nouveaux Latitude E étrennent ce que Dell appelle l’ « Industrial Design ». Les inconditionnels des célèbres Thinkpad ne seront pas dépaysés ! Même les larges charnières argentées aux angles biseautés sont clairement inspirées du design de Big Blue… Le double système de pointage est toujours présent mais le trackpoint hérite d’un troisième bouton, une fois de plus, exactement comme sur les Thinkpad !!! Avec la gamme Latidue E, Dell s’attaque donc clairement à son concurrent de toujours en milieu professionnel.


Dès les premières minutes de la prise en main, le Latitude E6400 marque clairement une rupture avec la génération précédente (D620 par exemple) : Exit les plastiques peints et moyennement rigides. Le Latitude E6400 inspire qualité et rigidité. En fait, il ne fait pas qu’inspirer : c’est du solide ! L’ouverture de l’écran se fait par un bouton central qui laisse une impression un peu mitigée. Mais les charnières sont exemplaires. Elles sont fermes à souhait et maintiennent parfaitement l’écran en place. Aucun jeu à déplorer, pas la moindre oscillation de l’écran et elles maintiennent rigoureusement la dalle peu importe l’angle d’ouverture (limité à 160°).


Nouveau châssis !

A titre informatif, les portables premiers prix et grand public utilisent une coque simple en plastique et des nervures assurent la rigidité… Les seules pièces métalliques sont généralement les charnières. Les Latitude d’ancienne génération utilisaient un châssis « périphérique » appelé « tri-métal ». Un nom très technique pour une architecture somme toute assez banale utilisée à présent par les portables milieu de gamme... Avec la gamme Latitude E, Dell s’est inspiré une fois de plus de Lenovo pour introduire une structure comparable à la « Roll Cage » qui équipe les Thinkpad. La carte mère et les charnières se greffent ainsi sur une seule et unique pièce métallique qui assure une rigidité exemplaire. Contrairement à la « Roll Cage » des Thinkpad (structure en magnésium interne et coque externe en plastique), le châssis des nouveaux Latitudes E est « interne et externe ». En clair, certaines parties de la structure constituent aussi la coque et interviennent dans la ligne du portable (notamment l’arrière où se fixent les charnières). A défaut d’innover réellement, Dell utilise à son tour une technique très aboutie. A noter que Dell et Lenovo n’en sont pas encore à une conception totalement monobloc comme le châssis « Unibody » introduit par Apple avec les derniers Macbook et Macbook Pro (très en avance sur le monde PC)…


Sous le portable, pas question de multiples trappes d’accès aux différents composants. Une grande plaque métallique « ferme » le châssis. Il faut desserrer 3 vis (2 pour le disque dur et une pour le capot lui-même) pour accéder aux composants internes mais la rigidité y gagne comme l’accessibilité générale… On peut aussi souligner le disque dur très facilement accessible : il n’y a que trois vis à dévisser pour changer de disque (2 de fixation et 1 pour le « caddy ») ! Dans ce tableau idyllique, nous relevons cependant deux bémols. Le disque dur est vissé directement au châssis (pas de système antivibratoires comme sur les Thinkpad ou les Macbook Pro). Les bruits mécaniques ont donc tendance à être amplifiés. Ce n’est heureusement qu’un demi mal dans la mesure où les disques récents (même performants) sont assez discrets. Le second point « faible » vient du contact métal contre métal entre le châssis et le capot inférieur. Malgré un bon ajustement et un serrage adapté des vis, le châssis émet parfois des « clong clong » assez caractéristiques peu engageants. Sans dire qu’ils sabotent la perception de solidité, ils desservent la qualité intrinsèque du châssis… De simples « pad » élimineraient facilement ces bruits…


Ca tourne ?

Pour un grand nombre de nos lecteurs, le silence de fonctionnement, surtout en bureautique, est un critère important pour ne pas dire capital dans le choix d’un portable. Le Latitude E6400 que nous avons testé est un modèle équipé d’un Core 2 Duo P9500 (Penryn à 2,53 GHz FSB 1066 MHz avec 6 Mo de cache) et d’une Quadro NVS 160m 256 Mo (580 MHz pour le core et 16 processeurs de flux à 1450 MHz), une configuration assez musclée pour un 14 pouces. Malgré cette puissance (certes modeste en 3D), la ventilation ne se déclenche que très rarement en bureautique. Comme tout ventilateur PWM, le démarrage nécessite un régime un peu élevé mais la vitesse de rotation baisse très rapidement. Le bruit émis en régime de croisière est faible et peu gênant (un souffle). Autre point important à souligner, le ventilateur s’arrête quasi immédiatement après une sollicitation du processeur et/ou du circuit graphique. Seuls les jeux 3D activent le ventilateur à pleine puissance et il devient alors audible. Dernier détail : le portable chauffe globalement peu… Au final, le Seagate Momentus 7200.3 de 250 Go est généralement la plus grande source de bruit. Avec un SSD, ce Latitude E6400 est un charme !


Choyer l’utilisateur…

Le Latitude E6400 ne se contente pas d’aligner des qualités sur le plan technologique. Le clavier rétro éclairé – copié des Macbook – est un des meilleurs que nous avons rencontrés. Les touches (lisses) sont vraiment agréables au contact, la fermeté est exemplaire, la course est bonne et il est silencieux. A titre personnel, je le préfère même à un « NMB » de Thinkpad (NDLR : NMB est le sous traitant qui produit le « meilleur clavier IBM »). L’éclairage est piloté et peut s’éteindre automatiquement quand le clavier n’est pas utilisé ou resté allumé. Attention, le rétro éclairage est une option facturée ~50 €…


Sans égaler le Trackpoint d’IBM, le système de pointage « à bâtonnet » est correct. Il faut dire que l’adjonction du troisième bouton y est pour beaucoup… Cependant, le « capuchon » est assez petit, plutôt mal fini, trop souple et il ne procure pas un aussi bon grip que celui des Thinkpad. En outre, il ne dépasse pas assez des touches… Rassurez-vous, il reste tout à fait praticable ! Le Touchpad reconnaît les mouvements de zoom et de scroll « en tournant en rond » (comme chez Samsung). Malheureusement, il ne propose pas de défilement automatique continu, ni de zone programmable et n’est pas multitouch… Petit détail, le repose poignets est lui aussi métallique… Mais malheureusement, comme toutes les parties métalliques du Latitude E6400, il conserve toutes les traces de doigts !


L’écran 1440x900 à rétro éclairage LED est excellent. Avec la luminosité réglée sur 5 ou 6, il rivalise avec un écran TFT conventionnel équipé d’un néon. Au maximum (niveau 15), l’écran est trop lumineux pour un usage en intérieur. Compte tenu des conditions météorologiques actuelles, il est difficile d’estimer sa lisibilité en extérieur mais sans trop s’avancer, elle devrait aussi être bonne. En soirée, un rétro éclairage réglé sur 2, 3 voire 4 est largement suffisant. Un capteur de luminosité peut ajuster dynamiquement le rétro éclairage, ce qui permet d’augmenter l’autonomie… Les angles de vue sont dans la bonne moyenne, sans plus, tandis que le rendu des couleurs est franchement bon et le rétro éclairage est uniforme. Le carter d’écran se défend plutôt bien côté rigidité surtout pour un modèle aussi fin.


Multimédia, connexion et communication

Le Latitude E6400 est équipé d’une webcam, d’un micro et d’une paire d’enceintes. Si les deux premiers font bien leur job, les « speakers » sont médiocres avec un son trop métallique. On se demanderait presque si les sons de Windows n’ont pas été modifiés tant le rendu est différent… Heureusement, la prise casque ne souffre pas de ce défaut ! Le lecteur de carte mémoire monté en façade est de type SDHC mais il n’a pas reconnu toutes les SDHC de test. Enfin, le bon vieux port VGA analogique est secondé par un DisplayPort numérique.

Côté communication, notre modèle haut de gamme assure : Intel Wifi Link 5300 AGN, Intel 82567 Gigabit, modem V92, Bluetooth EDR et HSPA (Broadcom). Un port eSATA et une interface FireWire complètent l’ensemble. L’infrarouge passe à la trappe… Un port ExpressCard et une connexion docking permettent d’étendre les possibilités de la machine.


Petits détails…

Dell a visiblement soigné sa gamme Latitude E dans les moindres détails. Ainsi, la prise d’alimentation se trouve à l’arrière tout comme les prises RJ11 et RJ45. Les quatre ports USB sont répartis sur les deux flancs du portable. Gauchers ou droitiers, personne ne sera pénalisé par les câbles en ajoutant une souris externe… A noter que le port USB inférieur gauche est combiné USB et eSATA ! Et oui, on peut aussi bien y brancher un périphérique USB qu’un disque dur eSATA. Franchement pratique ! Généralement placé dans le repose poignets, le lecteur biométrique est ici à côté du clavier, sous le speaker. Cette disposition est plus pratique lorsque le portable est utilisé sur les genoux (à condition d’être droitier)… Dans ce type d’utilisation, on apprécie également le fond totalement plat et lisse du portable.

Les témoins lumineux sont bleus y compris celui de la webcam et la led placée dans la prise d’alimentation côté portable. Le mariage du bleu et du noir est une réussite qui confère au Latitude E un compromis entre « sobriété professionnelle » et design tendance… Dell n’a pas cédé à la dernière mode qui consiste à placer des zones tactiles pour le contrôle du volume ou des fonctions multimédia. Pour seconder le clavier, le Latitude s’en remet à trois boutons : augmentation et diminution du volume ainsi que mute. Simple, sobre, fonctionnel et sans fioritures : on aime beaucoup…


Mobilité

Le Latitude E6400 est un portable 14 pouces wide. Il affiche 2495 grammes sur la balance avec la batterie haute capacité de 85 Wh. Comme sur les Thinkpad depuis le T40p, elle dépasse à l’arrière du portable. Si le Latitude E6400 fait partie des modèles plus compacts avec 335 x 244 x 33 mm, il ne faut pas oublier d’ajouter 20 mm en profondeur pour la batterie « qui dépasse »… L’adaptateur secteur est assez grand (145 x 70 mm) mais très plat (16 mm), ce qui facilite le rangement. Et pour ne rien gâcher, il est équipé d’une prise à deux broches (sans l’inutile mise à la terre). Côté poids, il est dans la bonne moyenne avec 400 grammes câbles compris. Vous ne serez cependant pas obligé de vous le coltiner à longueur de journée car l’autonomie peut aller jusqu’à 6 heures avec le Wifi actif et le rétro éclairage piloté par le capteur de luminosité. Avec le rétro éclairage fixé à 50%, elle est toujours de 5 ½ heures dans les mêmes conditions... Un portable parfait pour tous les nomades !
On peut aussi souligner que le chipset Intel PM45 (Cantiga) profite d’une gravure en 65 nm (même si l’ICH9m est lui toujours en 130 nm) contre 90 nm pour le PM965 des machines Santa Rosa, ce qui est bénéfique pour l’autonomie.

Dernier détail lié à la mobilité, la baie modulaire qui contient ici un graveur DVD Matshita UJ862A est à présent haute de 9,5 mm (comme sur les Thinkpad Serie T) contre 12,5 mm auparavant. De quoi produire des châssis aussi fins que les concurrents mais en contrepartie, Dell ne propose plus de batterie optionnelle en baie. Il faut passer par la batterie slice qui rehausse le portable de manière assez significative.


Outil de gestion d'énergie.



Performances

Avec un Core 2 Duo P9500, un Seagate Momentus 7200.3 et 4 Go de DDR2-800, cette machine est franchement véloce, peu importe le travail à abattre. Par contre, il ne faut rien attendre en 3D d’une puce graphique comme la Quadro NVS 160m. Elle n’est pas plus performante que la Quadro NVS 140 qui équipe le Thinkpad R61 testé l’an dernier… Elle ne fait d’ailleurs pas mieux que les FireGL V5000 et les Radeon X1600 des T60 et T60p datant de 2006. Autant opter pour un modèle équipé d’un GM45 au lieu du couple PM45 et Quadro NVS 140m. Sans avoir recours à la batterie optionnelle de 85 Wh, l’autonomie devrait être du même acabit.


Il n’y a pas grand-chose à signaler au sujet des performances sauf à propos de la compression DVD. En effet, le Latitude E6400 demande presque une minute de plus que le Thinkpad T61p équipé d’un processeur un peu moins puissant. Curieusement, la charge processeur baissait régulièrement sans raison logique.


Momentus, baie interne

 


Momentus, eSATA

 


Momentus, USB 2.0 IcyBox

 


Momentus, USB 2.0 Digitus


Nous avons profité de la présence du port eSATA pour tester le Seagate Momentus 7200.3 250 Go d’origine dans la baie interne ainsi que via les ports eSATA et USB 2.0 via l’adaptateur Digitus et via un boîtier IcyBox. Connecté en eSATA, le disque est aussi rapide que dans sa baie interne (ce qui est normal). A noter que pour profiter du « hot plug » eSATA, l’ICH doit être configuré en AHCI. En mode IDE ou compatible, le branchement du disque provoque un blocage du système… Entre l’USB et l’eSATA, le taux de transfert moyen passe de 17 Mo/s à 72 Mo/s. Sans commentaire ! Lors de ces tests, nous avons installé le système sur un SSD OCZ Core qui se voit hélas bridé à ~110 Mo/s en lecture. A l’inverse, l’Intel X25-m s’exprime pleinement !


OCZ Core, baie interne

 


Intel X25-m, baie interne



Conclusion

Avec sa gamme Latitude E, Dell introduit un nouveau châssis particulièrement efficace qui combine rigidité et accessibilité. L’évolution se traduit aussi par un changement de look et le passage à l’Industrial Design clairement élaboré pour séduire les fans des Thinkpad. Le Latitude E6400 que nous avons testé est équipé des composants parmi les plus puissants pour un 14 pouces wide mais il ne chauffe pas et son ventilateur silencieux ne tourne jamais plus que nécessaire. Très performant, le Latitude E6400 est aussi une référence en termes d’autonomie : jusqu’à 6 heures avec la batterie de 85 Wh. Pour ne rien gâcher, le clavier et le double système de pointage sont vraiment parfaits. Ils séduiront sans problème n’importe quel inconditionnel des Thinkpad ! Surtout avec l’option clavier rétro éclairage qui égale le confort de la Thinklight. Toujours au chapitre des points forts, l’écran 1440x900 LED (en option) piloté par un capteur de luminosité est vraiment un must. Côté défaut, on peut épingler certains bruits liés au châssis métal contre métal et les enceintes médiocres. Dans l’offre actuelle, le Latitude E6400 est un portable que nous recommandons…

Dell Latitude E6400 : 9,5/10
Pour :
Châssis rigide, design, finitions soignées, chauffe peu, ventilation rarement active et silencieuse, 6 heures sur batterie 85 Wh (option), écran LED 1440x900 (option), clavier rétro éclairé (option), 4 ports USB dont un combiné eSATA, DisplayPort, très bon clavier, trackpoint à 3 boutons, performances de premier plan sauf…
Contre : … en 3D, enceintes médiocres, options nombreuses, bruit du châssis, touchpad peu programmable, capuchon du trackpoint de piètre qualité.

Mise à jour le Jeudi, 22 Juillet 2010 15:48